Rumeur, vérité et information : une leçon du Web 2.0
Il y a quelques jours, une jeune artiste est décédée des suites d’une maladie. Son départ hâtif a attristé ses parents, ses amis et ses admirateurs.
Toutefois, la façon par laquelle cette nouvelle a été transmise dans Internet, tout comme les réactions d’une partie impliquée, ont de quoi laisser songeur. Dans un réseau de microbloguage populaire, des internautes ont évoqué le possible décès de l’artiste, en faisant état de la tristesse qui affectait des proches de la personne. Rapidement, ces messages ont été réacheminés par d’autres personnes dans leurs propres cercles sociaux. La nouvelle, à l’origine, aurait été évoquée sur un réseau social très populaire, avant d’être reprise dans des blogues sur la Toile.
Or, la maison de disques qui représentait l’artiste, dans son compte de microbloguage, a diffusé un message qui implorait les internautes de cesser cette rumeur, en affirmant que l’artiste « se portait bien »… Mais quelques jours plus tard, le décès de l’artiste était confirmé. Peu après, le « micromessage » demandant de cesser la rumeur était retiré du microblogue de la maison de disques.
Quelques jours plus tard, dans une entrevue accordée à un quotidien, un porte-parole de la maison de disques a fourni des raisons expliquant la réaction de son entreprise sur la Toile. Une difficulté d’obtention de l’information ainsi que des demandes de négation et de non-réaction en provenance de la famille de la défunte auraient influencé la réaction de l’éditeur dans ses communications sur Internet.
Toutefois, la dernière citation rapportée dans l’entrevue illustre bien la difficulté à laquelle sont confrontées plusieurs organisations : la maison de disques « ne savait pas trop comment s’y prendre » face au phénomène relativement nouveau que constitue le réseautage social.
À tous azimuts
Il y a vingt ans, un événement triste ou joyeux était rapporté par un journaliste, dans un média, au moment et dans une forme qui étaient imposés par des conventions ou des contraintes. Le cheminement de l’information était linéaire. L’information diffusée une première fois pouvait être reprise par d’autres médias, encore une fois de façon linéaire.
Aujourd’hui, dans Internet, un événement peut être rapporté par un citoyen ordinaire, dans un réseau social, au moment et dans la forme qui sont désirés par cette personne. La reprise de l’information est aussi rapide qu’incontrôlable. Son cheminement va dans toutes les directions et dans tous les sens.
Certes, des rumeurs fausses circulent sur Internet. Plusieurs personnes qui sont visées par ces rumeurs décident de ne rien faire, pour ne pas jeter de l’huile sur le feu. Mais si la rumeur est fondée, un mutisme peut être plus dommageable que la nouvelle même. Une mauvaise réaction sur la Toile est plus dommageable, mais ce dommage est moindre qu’une tentative d’effacement des traces d’une erreur.
En fin de compte, il est probable que les services de surveillance des sujets, des conversations et des « buzz » dans Internet connaîtront un essor au cours des prochaines années. Les organisations et les individus voudront être mis au courant très rapidement de ce qu’on dit à leur égard. Toutefois, la réaction des internautes face aux rumeurs, qu’elles soient vraies ou fausses, n’est pas prête de s’estomper. Il est difficile de définir avec certitude la bonne façon de réagir dans une telle situation.
Jean-Francois - 13 janvier 2010 - 1 commentaire »| del.icio.us | Digg IT | Diigo | Google | StumbleIT | Yahoo! | Technorati |
Les TI et l’organisation: dans le feu de l’action
Dans un commentaire publié aujourd’hui sur notre site Web (voir ici : La fin de l’alignement, le début de la fusion), j’aborde le sujet, toujours d’actualité, de la contribution des TI à la mission de l’entreprise. C’est un article publié récemment dans le magazine Computerworld qui m’a amené à explorer ce sujet. C’est également un sujet que nous avons abordé en septembre dernier, en table ronde, avec plusieurs professeurs en gestion des TI à HEC Montréal, lorsque nous avons débuté notre série d’articles sur la gestion stratégique des TI.
La tendance qui se dessine, d’après ce que nous observons, est de s’éloigner du concept de la contribution des TI au succès de l’organisation. En fait, l’approche qui risque d’avoir plus de succès passe par le fait que les TI incarnent le succès de l’organisation, en raison, comme l’affirmait le professeur Michael Wybo, du fait que l’entreprise a désormais « accès à une source intégrée de données ». Cette source de donnée intégrée et intègre permet d’aller plus loin et de soutenir, éventuellement, la croissance de l’entreprise parce qu’« il y a quelque chose entre la technologie et les stratégies de l’organisation et ça, c’est l’information », disait aussi le professeur Wybo.
Patrice-Guy Martin - 20 mars 2008 - 1 commentaire »| del.icio.us | Digg IT | Diigo | Google | StumbleIT | Yahoo! | Technorati |