Journalistes de TQS: envahissez le Web!

La fermeture annoncée du service de l’information du réseau TQS génère des réactions à travers la Belle Province. Je ne connais pas par coeur les cotes d’écoute des bulletins de nouvelles du mouton noir, mais je suis d’avis qu’on en parle plus qu’on ne l’écoute…

Des politiciens qui s’unissent pour unanimement clamer au CRTC de ne pas autoriser cette fermeture, d’autres qui demandent de rapatrier le CRTC au Québec, jamais ne s’est-on autant penché sur le sort de la diversité de l’information au Québec. Évidemment, quelques blogueurs s’en mêlent, notamment Pierre Duhamel sous l’angle d’une décision d’affaires dans un contexte réglementaire qui a un impact sur la dynamique concurrentielle.

On parle partout de la révolution des médias, de l’Internet qui bouscule tout, comme le rapporte le collègue et collaborateur Nelson Dumais dans sa chronique d’hier sur Technaute. Voici peut-être une occasion unique pour la gent journalistique de démontrer de son dynamisme et de sauter dans la révolution Web à pied joint.

On pourra tergiverser longtemps sur la manière de retarder la décision d’affaires que veulent prendre les nouveaux propriétaires de TQS en fermant le service des nouvelles de la chaîne télé. Il m’est d’avis que ce faisant on se concentre sur des faits qui sont pratiquement déjà dans le rétroviseur. Le marché traditionnel de l’information change, les revenus ne sont plus là où ils étaient et dans un marché fort concurrentiel, les chaînes généralistes souffrent. Si Cogeco perdait de l’argent avec TQS, ce n’est certainement pas faute d’avoir essayé d’en faire. Est-ce que Remstar pourrait trouver un remède miracle pour être rentable dans les mêmes conditions de marché? Sans rien changer? Faudrait être utopiste pour le croire.

Je ne crois pas que toutes les interventions des politiciens et toutes les pressions de tous les groupes possibles y changeront quelque chose. La décision est sans doute inéluctable.

Par contre, si j’étais parmi les journalistes et autres travailleurs de l’information qui se retrouvent sur la liste des sacrifiés de la salle des nouvelles, je serais fortement tenté de me «retourner de bord» rapidement et exorciser cet échec pour le transformer en opportunité. Alors que tous les analystes constatent le déplacement des budgets publicitaires vers le Web, que les grands médias imprimés expérimentent la diffusion audio, vidéo et multimédia sur Internet pour diversifier leur offre, voici un groupe de 270 personnes, spécialistes de l’information en diffusion vidéo en direct et réparties à travers la province qui sont à la recherche d’une job. Et d’un défi.

Si nous sommes convaincus que le Québec a besoin d’une autre source d’information télévisuelle, différente et présentant un autre point de vue, voici un groupe de 270 professionnels qui pourraient être à l’origine d’un projet novateur. Au lieu d’être sacrifiés sur l’autel de la concurrence Internet, soyez la concurrence Internet. Il ne reste qu’à trouver des financiers pour les appuyer, des stratèges pour développer rapidement un plan d’affaires robuste et go, foncez. Si l’opportunité est réelle, il s’en trouvera.

Ou alors, peut-être que tous ces analystes ont tout faux, moi y compris. Qu’en pensez-vous?

Patrice-Guy Martin - 25 avril 2008 -
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Un commentaire »

  1. Je ne pense pas que le marché Internet puisse soutenir un groupe de 270 salariés partant de zéro, pour le moment. Un plus petit groupe, peut-être, oui. Toutefois, la “concurrence Internet” existe déjà (vous, Le Devoir, Branchez-vous, etc.), et ils devront faire leur place parmi elle. Du point de vue d’un investisseur, je suggérerais plutôt de choisir un joueur bien implanté, et de tenter de le faire croitre.

    D’autre part, je trouve assez hypocrites les dénonciations des politiciens, qui non seulement n’ont rien fait dans les nombreux autres cas récents de concentration et de disparition de salles de nouvelles, mais en plus ont sabré à répétition les budgets de Télé-Québec. S’ils croient sincèrement que la diversité de l’information, d’une part, et l’information locale, d’autre part, sont importantes, ils ont l’outil rêvé en main et n’ont qu’à le financer adéquatement. Ils ont même une équipe de nouvelles toute trouvée!

    Commentaire par Éric Brunelle — 1 mai 2008 @ 15:28

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