Budget du Québec: des suites au Rapport Gagné

Comme nous le rapportons dans cet article Budget : nouveau crédit d’impôt pour l’industrie des TI, la ministre des Finances du Québec, Monique Jérôme-Forget, a intégré à son budget 2009 un certain nombre des recommandations du rapport du Groupe de travail sur les aides fiscales aux régions ressources et à la nouvelle économie, aussi appelé Rapport Gagné du nom du président du groupe.

La ministre reprend essentiellement la philosophie du rapport à l’égard de l’élimination de la notion des sites désignés, crée un nouveau programme qui prendra la relève de l’actuel en soutenant les emplois reliés à des activités d’innovation et de valeur ajoutée dans la nouvelle économie.

Ce crédit d’impôt est la pièce principale de cette vision. Un programme qui prendra vraiment son envol à la fin du programme actuel dans 3 ou 4 ans, soit en 2011-2012. En politique, et en particulier dans un contexte de gouvernement minoritaire, il s’agit d’une éternité. N’oublions pas qu’un nouveau gouvernement aime bien créer ces propres programmes et il lui arrive souvent de mettre la hache dans ceux du précédent, ce qui est précisément ce qu’a fait le gouvernement Charest en 2003, lorsqu’il a décidé de mettre un terme au programme de soutien à l’industrie des TI mis en place par le gouvernement précédent.

Quelques autres petites mesures viennent s’ajouter à cela, comme le branchement des régions à la haute vitesse. Encore là, ne retenons pas notre souffle. On parle de 20 millions de dollars entre 2009 et 2013, soit 5 millions par année. C’est mieux que rien, et c’est très important pour ceux qui pourront enfin profiter d’un accès Internet à une vitesse décente, mais ce n’est tout de même pas une révolution.

Certains porte-parole de l’industrie, voir ici le commentaire du président de la Vetiq, aimeraient mieux que des sommes soient investies en commercialisation.(Pas tous les organismes sont de cet avis cependant: voir ici la réaction de l’organisme TechnoCompétences qui se réjouit de ces mesures.) La Vetiq représente des entreprises de l’industrie des TI dans la région de Québec. Voilà un sujet qui revient constamment sur le tapis et qui constitue également le cheval de bataille du Réseau Interlogiq, auquel est par ailleurs associé le Vetiq. Je me souviens d’avoir posé la question à Bernard Landry, il y a de nombreuses années, alors qu’il était ministre des Finances justement. Selon lui, un soutien à la commercialisation, sous la forme de subventions directes par exemple, serait nécessairement condamné par des organismes comme l’OMC.

Ce qui n’empêche pas que nos entreprises devraient sans doute utiliser tous les moyens et ressources mis à leur disposition par les différents paliers gouvernementaux pour soutenir la commercialisation de leurs produits et services. Et sans doute, se doter de solutions originales. J’aimerais bien cependant que les entreprises de l’industrie nous témoignent des ressources qu’elles consacrent à la commercialisation. En commentaire au président de la Vetiq, Luc Vaillancourt de la firme spécialisée en services d’analyse de l’industrie du géospatial Baliz, cite une proportion d’environ 30 % des dépenses d’une entreprise qui devrait être consacrée à la commercialisation. Est-ce le cas pour les entreprises de notre industrie des TI?

Récemment, lors du Salon des TIC à Québec, j’ai donné mon point de vue sur la dynamique de notre industrie et j’ai conclu en disant que l’avenir de l’industrie des TI au Québec tenait en trois mots : innover, innover et innover. Mais l’innovation ne se limite pas uniquement l’offre de produits et services. Elle doit aussi se faire au niveau des autres fonctions de nos entreprises. Innover en commercialisation en fait sûrement partie. Innover dans nos modes de distribution, dans nos partenariats, etc.

Patrice-Guy Martin - 14 mars 2008 -
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Un commentaire »

  1. TECHNOCompétences est convaincu, tout comme vous, que les entreprises se doivent d’innover et comme vous le dites si bien, innover partout dans leur pratique, en commercialisation, en distribution, etc. Nous offrons aux PME (moins de 200 employés) une subvention très importante pour revoir les processus et pratiques dans leur entreprise - éditrice de logiciels, de services informatiques ou de multimédia. Cela consiste à faire analyser l’organisation du travail de l’entreprise par un spécialiste, afin qu’il puisse soumettre par la suite des pistes de solution afin d’augmenter la productivité de l’entreprise.
    Ce projet débutera au mois d’avril. Emploi-Québec donne à chaque entreprise participante 5 000 $ de subvention et il en coûte à l’entreprise un bon de participation de 1000 $. Il faut appeler Benoit Leduc au 514-840-1266.

    Commentaire par Sylvie Gagnon — 17 mars 2008 @ 9:48

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