Quand la politique pénalise l’industrie des TIC

Par Denis Lalonde

Le premier ministre Stephen Harper et sa bande ont choisi de proroger le début des travaux de la prochaine session parlementaire à la Chambre des communes au 3 mars avec un discours du trône qui sera immédiatement suivi d’un budget. Si le geste n’a rien d’illégal, il représente tout de même une déception pour l’industrie des technologies de l’information et de la communication (TIC).

C’est qu’avec la prorogation du parlement, de nombreux projets de loi sont simplement morts au feuilleton avant d’avoir reçu la sanction royale. C’est notamment le cas du projet de loi sur la protection du commerce électronique (C-27), qui avait franchi l’étape de la troisième lecture en décembre dernier.

La troisième lecture est l’étape ultime avant la sanction royale, qui permet au projet de loi de devenir une loi en vigueur. Pour connaître toutes les étapes du cheminement d’un projet de loi de sa création jusqu’à son adoption, voici un lien fort utile du site Web du Gouvernement du Canada

C’est donc dire que les rois du pourriel pourront continuer de sévir sans être trop inquiétés pour encore plusieurs mois à travers le Canada, gonflant inutilement les boîtes de courriel de nombre d’employés, contribuant ainsi à ralentir leur productivité. Fin 2004, les pourriels représentaient en effet 80% du courriel global au Canada, révèle le texte du projet de loi C-27, présenté aux Communes pour la première fois en avril 2009. 

De plus, la perception négative associée aux pourriels constitue sans aucun doute une nuisance de premier ordre pour toutes les entreprises qui souhaitent prendre le virage du commerce électronique. La quantité industrielle de pourriels dans les boîtes de courriels a pour effet d’augmenter la méfiance des consommateurs envers le commerce électronique en ligne légitime.

Pour reprendre vie, les projets de loi morts au feuilleton devront être représentés devant la Chambre des communes lors de la prochaine session parlementaire. Il est toutefois possible que les projets de loi plus avancés n’aient pas à recommencer à zéro. Ce sera aux parlementaires de décider…

D’autres projets de loi touchant l’industrie des TIC ont subi le même sort. C’est notamment le cas du projet de loi C-47, régissant les installations de télécommunications aux fins de soutien aux enquêtes, du projet de loi S-242 modifiant la Loi canadienne sur les paiements (systèmes de paiements par carte de débit) et du projet de loi C-398, modifiant la Loi sur les télécommunications (neutralité d’Internet).

En période de sortie de crise économique, l’industrie des TIC aurait pu profiter d’un petit coup de pouce du gouvernement fédéral qui aurait servi à redorer l’image du commerce électronique.

À présent, reste à voir si les pourriels seront l’une des priorités des parlementaires au début des travaux en mars à Ottawa. Des dossiers de première importance seront alors au menu avec le budget, la situation en Haïti et les sempiternelles querelles entourant la politique environnementale du gouvernement minoritaire de Stephen Harper. Dans ce contexte, il est permis de douter que le projet de loi C-27 sera ramené à la vie dans un avenir rapproché.

dlalonde - 22 janvier 2010 - Pas de commentaire »
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Rumeur, vérité et information : une leçon du Web 2.0

Il y a quelques jours, une jeune artiste est décédée des suites d’une maladie. Son départ hâtif a attristé ses parents, ses amis et ses admirateurs.

Toutefois, la façon par laquelle cette nouvelle a été transmise dans Internet, tout comme les réactions d’une partie impliquée, ont de quoi laisser songeur. Dans un réseau de microbloguage populaire, des internautes ont évoqué le possible décès de l’artiste, en faisant état de la tristesse qui affectait des proches de la personne. Rapidement, ces messages ont été réacheminés par d’autres personnes dans leurs propres cercles sociaux. La nouvelle, à l’origine, aurait été évoquée sur un réseau social très populaire, avant d’être reprise dans des blogues sur la Toile.

Or, la maison de disques qui représentait l’artiste, dans son compte de microbloguage, a diffusé un message qui implorait les internautes de cesser cette rumeur, en affirmant que l’artiste « se portait bien »… Mais quelques jours plus tard, le décès de l’artiste était confirmé. Peu après, le « micromessage » demandant de cesser la rumeur était retiré du microblogue de la maison de disques.

Quelques jours plus tard, dans une entrevue accordée à un quotidien, un porte-parole de la maison de disques a fourni des raisons expliquant la réaction de son entreprise sur la Toile. Une difficulté d’obtention de l’information ainsi que des demandes de négation et de non-réaction en provenance de la famille de la défunte auraient influencé la réaction de l’éditeur dans ses communications sur Internet.

Toutefois, la dernière citation rapportée dans l’entrevue illustre bien la difficulté à laquelle sont confrontées plusieurs organisations : la maison de disques « ne savait pas trop comment s’y prendre » face au phénomène relativement nouveau que constitue le réseautage social.

À tous azimuts

Il y a vingt ans, un événement triste ou joyeux était rapporté par un journaliste, dans un média, au moment et dans une forme qui étaient imposés par des conventions ou des contraintes. Le cheminement de l’information était linéaire. L’information diffusée une première fois pouvait être reprise par d’autres médias, encore une fois de façon linéaire.

Aujourd’hui, dans Internet, un événement peut être rapporté par un citoyen ordinaire, dans un réseau social, au moment et dans la forme qui sont désirés par cette personne. La reprise de l’information est aussi rapide qu’incontrôlable. Son cheminement va dans toutes les directions et dans tous les sens.

Certes, des rumeurs fausses circulent sur Internet. Plusieurs personnes qui sont visées par ces rumeurs décident de ne rien faire, pour ne pas jeter de l’huile sur le feu. Mais si la rumeur est fondée, un mutisme peut être plus dommageable que la nouvelle même. Une mauvaise réaction sur la Toile est plus dommageable, mais ce dommage est moindre qu’une tentative d’effacement des traces d’une erreur.

En fin de compte, il est probable que les services de surveillance des sujets, des conversations et des « buzz » dans Internet connaîtront un essor au cours des prochaines années. Les organisations et les individus voudront être mis au courant très rapidement de ce qu’on dit à leur égard. Toutefois, la réaction des internautes face aux rumeurs, qu’elles soient vraies ou fausses, n’est pas prête de s’estomper. Il est difficile de définir avec certitude la bonne façon de réagir dans une telle situation.

Jean-Francois - 13 janvier 2010 - 2 commentaires »
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