Le paiement direct a 25 ans : les atouts et les enjeux d’une bande magnétique

par Jean-François Ferland

Le réseau de paiement Interac, qui permet aux consommateurs d’utiliser leurs cartes de débit dans le cadre de transactions chez les marchands, a fêté récemment son 25e anniversaire.

Depuis 1984, les détenteurs de comptes bancaires peuvent insérer leur carte de débit à bande magnétique dans n’importe quel guichet automatique – une composante technologique qui a elle-même fêté son 40e anniversaire d’existence au Canada en octobre dernier – et depuis 1990 à tout terminal de point de vente, peu importe l’institution financière qui dessert le client ou le marchand.

Certes, les processus transactionnels pour le commerce de détail ont été bouleversés par le paiement direct. Pour le consommateur, cela signifiait qu’il n’avait plus à se déplacer vers un guichet automatique pour retirer les fonds nécessaires à l’achat d’un produit – déjà que le guichet automatique évitait une visite de la caissière dans son institution financière. Également, le consommateur qui n’avait pas la monnaie suffisante pour effectuer une transaction, ou qui devait débourser un gros montant qu’il était risqué de trimballer sur soi, pouvait accéder instantanément à ses fonds bancaires.

Pour les marchands, le paiement direct s’est traduit par une hausse des ventes immédiates, voire une augmentation des achats compulsifs. Un autre avantage important réside dans la réduction de l’argent en papier ou en monnaie à compter, à manipuler et à déposer à son institution bancaire.

Aujourd’hui, le paiement direct peut être utilisé même sur Internet, pour effectuer des transactions par débit auprès de marchands virtuels. Les émetteurs de carte de crédit s’apprêtent à entrer dans la ronde, avec leurs cartes maison. D’ailleurs, l’équipement instauré pour la lecture des cartes de débit sert aussi à la lecture des cartes de crédit.

Enfin, les terminaux mobiles sont en vogue, que ce soit au restaurant, à la plage ou à tout endroit où l’on désire offrir au consommateur le paiement direct sans qu’il ait à se déplacer – alors que le consommateur risque de réfléchir lors de son déplacement, de se raviser et de ne pas faire la transaction!

Somme toute, les Canadiens figurent parmi les champions de l’utilisation du paiement direct par carte de débit, avec plusieurs années d’avance sur les voisins américains.

Enjeux démagnétisants

Toutefois, le recours au paiement direct implique des enjeux dont l’importance est non négligeable. Depuis quelques années, les cas de clonage de carte et de trucage d’équipement ont monté en flèche. Nombreux sont les consommateurs qui ont soit constaté la disparition de fonds, soit la désactivation de leur carte de façon préventive, à la suite d’une fraude.
Les consommateurs qui ont dû obtenir une nouvelle carte à une ou plusieurs reprises ont exprimé une méfiance envers le mode de paiement, tout comme envers les marchands qu’ils soupçonnent d’être de connivence avec des gredins.

Les marchands, eux, sont confrontés à des situations où des criminels remplacent des équipements à leur insu dans le but de réaliser des fraudes. Ce n’est pas pour rien que les claviers des terminaux de paiement direct sont de plus en plus nombreux à être vissés ou enchaînés au comptoir, au grand déplaisir des grandes personnes. Dans d’autres cas, ce sont des employés en lesquels ils avaient confiance qui agissent à titre de complices de malfaiteurs. Ici encore, la méfiance peut faire des ravages…

L’industrie du traitement des paiements est consciente des enjeux qui ont trait aux fraudes. Ainsi, les émetteurs de cartes, dont les institutions bancaires et les fournisseurs de crédit, ont amorcé une transition des cartes à bande magnétique vers les cartes à puce. Or, il faudra encore plusieurs années avant que tous les terminaux et toutes les caisses sont adaptées à la nouvelle technologie. Qui plus est, même si on dit qu’elle est plus fiable, la technologie à puce n’est pas à l’abri des altérations qui pourraient entraîner des fraudes. Il ne faut jamais dire jamais…

Un autre enjeu important réside dans les frais d’utilisation du système de paiement direct, autant pour les marchands que pour les consommateurs. Toutefois, les alternatives d’obtention des fonds bancaires pour les consommateurs, soit le guichet automatique, la transaction au comptoir, impliquent aussi des frais. C’est un mal nécessaire…

Il sera intéressant de voir quel sort sera réservé au paiement direct au cours des prochaines années. Deviendra-t-il un mode de paiement courant sur la Toile? Aura-t-il recours aux transactions sans contact, comme les bidules pour les cartes de crédit dans les stations d’essence? Sera-t-il intégré aux téléphones mobiles? Le NIP sera-t-il remplacé par l’empreinte digitale?

Peu importe ce qui arrivera, il est certain que les technologies de l’information auront un grand rôle à jouer.

Jean-Francois - 24 novembre 2009 - Pas de commentaire »
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