Une expérience de collaboration
Dans le numéro imprimé de Direction informatique qui parviendra à nos abonnés d’ici quelques jours, nous vous offrons une première. Il s’agit d’un article du dossier qui a été préparé en collaboration avec quelques-uns de nos lecteurs.
Partout, les gourous et les analystes des difficultés que traverse l’industrie des médias disent sur toutes les tribunes qu’il faut réinventer le journalisme, réinventer les médias, ouvrir les médias à nos lecteurs. À Direction informatique, nous aimons expérimenter ce que nous permettent les technologies et les nouveaux médias. Nous avons donc décidé de nous jeter à l’eau et de tenter l’expérience de ce que plusieurs appellent le crowdsourcing, une forme ouverte et éclatée de travail collaboratif.
Je me permettrai d’entrée de jeu de préciser que la plupart des médias sont déjà ouverts à cela depuis aussi longtemps qu’ils existent, mais les interactions avec les lecteurs portent d’autres noms. Les lecteurs sont des commentateurs de l’actualité et de la nouvelle, via la rubrique «le courrier des lecteurs» dans les quotidiens, par exemple.
Les lecteurs sont aussi des sources d’information puisqu’ils nous appellent, nous écrivent, nous envoient des courriels et autres messages pour nous inciter à faire des reportages sur ceci ou cela, pour nous donner une piste vers un sujet d’enquête, pour nous raconter leur histoire que nous nous efforcerons de rapporter le mieux possible.
Un magazine comme le nôtre, et de nombreux autres médias, ouvrent également leurs pages à des experts qui contribuent des articles spécialisés dans des domaines pointus. Vous en lirez un exemple avec cet article traitant de la norme de sécurité PCI-DSS. Nous avons également publié au cours des dernières années de nombreux articles sur la sécurité informatique, par exemple, provenant d’experts de l’industrie ou sur la gestion des TI en collaboration avec des professeurs de HEC Montréal.
Avec le Web, les blogues et les outils de commentaires, les interactions avec les lecteurs se déroulent désormais à une autre vitesse. Les réactions sont immédiates, plus nombreuses, plus spontanées. Les lecteurs deviennent une communauté qui réagit et échange de manière plus fréquente et impromptue avec la rédaction du média.
L’expérience de la rédaction collaborative nous amène un peu plus loin dans cet esprit de communauté ou de réseau avec nos lecteurs. Il s’agit ici d’aller plus loin que le commentaire sur un sujet donné ou l’expression d’une opinion sur une nouvelle publiée. Il s’agit de contribuer au contenu, directement, par son expertise, ses connaissances, sa capacité de vulgariser des idées et de les communiquer.
Les outils pour ce faire sont nombreux. J’en ai choisi un très simple : un fichier de texte partagé via Google Documents. L’avantage de cette approche? Il s’agit d’un traitement de texte simple, en ligne, avec un certain contrôle des utilisateurs dans le sens où j’ai ouvert le document à ceux et celles qui me faisaient part de leur intérêt, et non pas à tous, par défaut. J’ai préféré procéder ainsi puisque c’était une première expérience. Une prochaine fois, je tenterai sans doute une approche wiki, dès que j’aurai trouvé un environnement assez simple et riche pour que les contributeurs ne soient pas hésitants par la nécessité de maîtriser l’outil avant de pouvoir s’y exprimer.
Google Documents offre l’avantage d’être simple et de permettre le suivi de base des versions de documents. C’était suffisant pour le besoin de l’expérience. Et malgré cela, certains contributeurs ont préféré me faire parvenir leur contribution par courriel.
Je n’ai fait aucune modification aux contributions, si ce n’est de corriger les fautes évidentes et organiser les différents passages dans un ordre qui permettra au lecteur de suivre un fil conducteur et d’avancer dans le raisonnement. Vous aurez donc devant vous la contribution directe des collaborateurs.
Le résultat l’article que nous avons publié en début de semaine, sous le titre Les zones de la vie privée, qui était la thématique que j’avais imposée au départ. (Pour lire le texte original des contributions et la mise en contexte de l’exercice, suivez ce lien pour accéder au document sur Google Docs.)
Merci à ces premiers contributeurs, qui ont pris le risque de participer à l’aventure. J’espère que nous aurons l’occasion de répéter l’expérience et que vous serez nombreux à vouloir expérimenter ce mode de contribution participative à votre magazine.
Dites-moi ce que vous pensez du résultat et de l’expérience. Croyez-vous que cela amène une valeur supplémentaire au magazine? Est-ce une expérience qui vous intéresse? N’hésitez pas à nous faire parvenir vos commentaires.
Patrice-Guy Martin - 14 octobre 2009 - Pas de commentaire »| del.icio.us | Digg IT | Diigo | Google | StumbleIT | Yahoo! | Technorati |