Mon écosystème de productivité – mes réseaux sociaux
Il est sans doute peu courant d’associer réseaux sociaux et productivité et de retrouver ces deux notions dans la même phrase, à moins que ce ne soit dans un contexte de « perte de productivité » : plusieurs considèrent qu’il s’agit du meilleur moyen de perdre son temps. Je crois que c’est tout le contraire, à condition de savoir ce que l’on fait, de se donner des objectifs et d’utiliser des outils adéquats.
Ceux qui lisent ce blogue et qui me connaissent un peu savent que je suis un amateur de Twitter. Et des réseaux sociaux, en général. Si vous cherchez un peu, outre ce blogue, vous me trouverez sur LinkedIn, Twitter et Facebook et ailleurs, dans un contexte plus personnel ou selon mes activités de bénévolat (à l’école de mon fils, par exemple).
Bien sûr, mon travail m’oblige à regarder ce qui se passe un peu partout et à me familiariser avec ces divers environnements. J’ai l’avantage de gagner ma vie à communiquer et ne particulier dans le secteur techno, ce qui me motive sans doute à explorer tous ces réseaux. Je le fais par curiosité personnelle et professionnelle. (Par ailleurs, je suis convaincu les journalistes, qu’ils couvrent les TI ou d’autres secteurs n’ont pas le choix, professionnellement, de maîtriser ces outils. Mais c’est là un autre débat.)
Malgré que je sois présent un peu partout, pour le travail, je me concentre réellement sur deux réseaux : Twitter et LinkedIn. À quoi servent ces réseaux? À créer des réseaux justement, et à les maintenir. À engager la conversation et à tisser des liens. Mais ils ont chacun leur finalité, et celle-ci peut différer selon les utilisateurs, les industries ou les environnements.
J’ai remarqué, par exemple, que l’industrie québécoise des TI, en particulier les associations comme l’AQT et le Réseau Action TI sont plutôt présents dans LinkedIn. Ce réseau est d’ailleurs vu comme « plus professionnel », ou plus sérieux, si on veut. Réseau d’affaires, LinkedIn est fondé sur le profil professionnel. La première étape consiste d’ailleurs à y inscrire ses activités professionnelles, avant de tisser des liens avec d’autres utilisateurs du réseau.
J’y ai récemment sollicité des commentaires sur la pertinence et les préférences des gens de l’industrie concernant les médias spécialisés comme Direction informatique et j’ai obtenu de nombreuses réponses très intéressantes. Cela a constitué pour moi un excellent « comité des lecteurs ». (Merci à ceux qui m’ont fait des commentaires à ce sujet.)
Twitter, c’est la conversation courante. Certains comparent cela à une conversation près de la machine à café ou du distributeur d’eau. D’autres parlent d’un ordinateur social. J’aime mieux cette deuxième définition. Il est clair que le réseau est plus informel et rejoint (ou rejoignait jusqu’à tout récemment) surtout des gens qu’on qualifierait d’utilisateurs précoces. Mais dernièrement, on peut remarquer que le réseau s’étend et que nous avançons dans la progression de l’adoption.
Pour ceux qui ne sont pas familiers avec ce réseau, il s’agit essentiellement d’un environnement où on écrit des messages ou notes (tweets, selon le mot anglais qui s’est imposé dans l’usage) qui ne dépassent pas 140 caractères et qui sont destinés à nos « abonnés », c’est-à-dire aux gens qui sont abonnés à nos messages. On fait aussi référence à ces notes en utilisant l’appellation « statut ».
À l’origine, ces notes visaient à répondre à la question : « que faites-vous en ce moment? ». Mais ces notes sont vite devenues un moyen de communiquer, de partager des infos, de fixer des rendez-vous, de partager des liens vers des articles, de faire des sondages, de solliciter des idées, etc. De jaser avec la communauté.
Il y a beaucoup de bruit dans Twitter, mais aussi beaucoup d’échanges extrêmement pertinents. Pour un journaliste, on peut y trouver des idées de reportage, des primeurs ou un canal de diffusion d’information. On peut tester des idées. On peut sonder l’opinion de nos abonnés, obtenir leur avis, en discuter. C’est une excellente manière de participer à la communauté. Mais c’est aussi la plus exigeante.
Vous devez d’abord construire votre communauté, en recherchant des personnes dont vous considérez les interventions pertinentes à vos intérêts, voire amusantes, peut-être, et en vous abonnant à leurs notes. Vous devenez alors un « follower ». Et vous devez contribuer au contenu, des liens, des idées, des commentaires qui sont pertinents afin de susciter l’intérêt et attirer des abonnés.
C’est ici que les outils entrent en jeu. Les outils ont également beaucoup à voir avec la capacité de tout gérer ces environnements. On peut se débrouiller avec l’interface Web de Twitter pour commencer, mais dès que votre réseau dépasse quelques dizaines d’abonnés et que vous suivez plus qu’une vingtaine de personnes, vous trouverez que l’interface Web est primaire et fastidieuse.
Vous voudrez alors peut-être tester des applications autonomes ou mieux, un module complémentaire ou une extension à votre navigateur Web. Le plus connu est sans doute Twitterfox qui, comme son nom le laisse deviner, s’intègre à Firefox.
L’outil permet de voir les plus récents messages de vos abonnés, ceux qui sont des réponses à vos messages ainsi que les messages privés (direct messages) qui s’adressent uniquement à vous.
Une petite icône de Twitter s’ajoute à la barre d’état et permet d’un clic d’accéder à la fenêtre surgissante de lecture et d’écriture de messages.

Je trouve cet outil utile, surtout qu’on passe une partie de sa vie dans notre navigateur. Par contre, si notre réseau est le moindrement étendu, il est difficile de trier le bon contenu.
C’est ici que Tweetdeck devient utile. Il s’agit d’une application qui tourne dans l’environnement Adode AIR (donc multiplateforme – Windows, Mac, Linux – je n’ai pas essayé en Linux).
Tweetdeck permet de voir ses messages en plusieurs colonnes. L’écran que je vous montre ci-dessous comprend tout d’abord la colonne de tous les messages de mes abonnés et des personnes à qui je suis abonné (All Friends), puis une colonne qui affiche les messages qui sont des réponses aux miens (Replies), les messages privés qui me sont adressés (Direct messages), ensuite la colonne Group:BonjourGroup et finalement la colonne de mes notes préférées (Favorites).

C’est là toute la force de Tweetdeck. Vous pouvez définir un groupe d’usagers plus restreints qui contient vos contacts proches ou vos influenceurs privilégiés, comme mon « BonjourGroupe ». Ou encore une colonne qui effectue automatiquement une recherche sur un mot-clé spécifique. Voilà une manière de trier le bon grain de l’ivraie. Vous pouvez vous tremper dans le bruit en prenant un bain de foule si vous avez le temps, mais vous concentrer sur l’essentiel et un cercle restreint de contacts lorsque nécessaire.
Au bas de l’écran, vous apercevez la zone d’écriture des messages. L’application intègre bien sûr la possibilité de condenser une URL avec les services pertinents et populaires comme TinyURL et bit.ly, notamment, ainsi que la possibilité d’inclure des photos à vos messages via le service Twitpic.
Twhirl
Selon mes humeurs et mes besoins, il y a une autre application qui roule dans l’environnement AIR et que j’apprécie beaucoup : Twhirl. Comme vous pourrez le constater en consultant l’image-écran ci-dessous, Twhirl permet notamment de gérer plusieurs comptes à la fois, notamment ses comptes Twitter, mais aussi Seesmic, Friendfeed et identi.ca. Ce qui est intéressant si on possède des comptes dans ces environnements ou encore plusieurs comptes dans un même environnement. C’est notre cas : outre mes comptes Twitter, Seesmic et identi.ca, nous nous partageons la gestion dans l’équipe du compte Twitter @DirectionInfo, qui est le fil de nouvelles Twitter de nos articles quotidiens.

L’autre intérêt de Twhirl est son intégration de l’API du service Ping.fm, ce qui me permet d’écrire une note dans Twhirl et celui-ci sera ensuite relayé comme message de statut dans LinkedIn, Facebook et autres, selon la configuration de mon compte Ping.fm. Il offre aussi des fonctions de recherche intégrées et l’interface avec les services qui permettent de condenser une URL et d’associer une photo avec un message.
Voilà qui constitue un bref survol de quelques outils qui permettent de tirer son épingle du jeu et survivre tout en intégrant les réseaux sociaux à ses outils de travail.
Un conseil, donnez-vous du temps pour vous familiariser. J’ai personnellement investi au moins une demi-heure par jour dans ces réseaux, depuis six mois, pour être à peu près à l’aise au sein de ceux-ci et identifier les usages qui me sont pratiques et bénéfiques. Il faut donc expérimenter.
Il y a de nombreux outils pour vous offrir des fonctionnalités et des services de toutes sortes dans la Twittosphère, ce qui n’est pas le cas pour LinkedIn, par exemple. J’y reviendrai dans un autre billet.
Bon réseautage!
Patrice-Guy Martin - 4 mars 2009 - 4 commentaires »| del.icio.us | Digg IT | Diigo | Google | StumbleIT | Yahoo! | Technorati |
4 commentaires »
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Ahhhh… Ayant tout juste immigré dans le monde du microblogage, voilà un article qui tombe bien et offre des suggestions pour la prochaine étape : gérer le trafic !
Commentaire par Pierrot Péladeau — 4 mars 2009 @ 15:51
Merci, Patrice-Guy, d’informer les pauvres néophytes que nous sommes encore, pour beaucoup d’entre nous ! Une nouvelle forme de communication est née, dont il faut s’approprier les règles… J’ai hâte de lire ton prochain article sur LinkedIn, qui me semble plus accessible lorsqu’on est moins «techno» que toi.
Commentaire par MarinoPich — 4 mars 2009 @ 23:07
moi je trouve que twitter a plus d’opportunités, c’est en temps réel, on peut avoir des réactions immédiatement, et il y a pas d’engagement lourd comme dans linkedin.
autre utilisation twitter: faire de la vente, en surveillant un mot-clé dans tweetdeck (oui c’est l’un des secret caché, on peut avoir des leads en masse)
personnellement, j’ai jamais eu d’opportunités d’affaires sur linkedin. 0. pas de leads. pas de nouvelles connaissances. donc en gros ca me sert à rien, ca rajoute du bruit juste.
twitter, et mon blogue sont beaucoup plus efficaces professionnelement donc.
Commentaire par heri — 6 mars 2009 @ 17:30
Super bon article. J’aimerais ajouter a ca, suite a un des articles que j’ai lu. Twitter pourrait devenir une menace a Google côté recherche puisque Twitter pourrait devenir un outil de recherche humain meilleur qu’un outil informatisé. Qu’est ce que vous en pensez?
Commentaire par Jamal (Jim) Fatou — 16 mars 2009 @ 13:11