De la publicité intempestive

Comme moi, vous passez sans doute de nombreuses heures à naviguer sur Internet, d’un site à l’autre recherchant de l’information pour vous permettre d’accomplir votre travail. Ou pour accéder à une foule de services de toutes natures.

Dans de nombreux cas, sinon la plupart, les sites visités ou les services consultés se financent grâce à la publicité. C’est d’ailleurs le cas du blogue que vous consultez actuellement. Et c’est aussi le cas de notre site Web principal, Directioninformatique.com.

L’équilibre entre le contenu et l’espace publicitaire est une science et un art que les médias ayant un passé imprimé pratiquent depuis des lunes. En magazine, on mesure cet équilibre en terme de nombre de pages de publicité divisé par le nombre total de pages de la publication, ce qui donne un ratio, qui généralement ne devrait pas dépasser 50 %.

Le passage au Web a demandé une modification de ce modèle dont la première incarnation a été le « bandeau publicitaire », quelque part au milieu des années 1990. Depuis ce temps, les formats se sont diversifiés et les publicités se sont enrichies. On a vu arriver des publicités animées, des formats créatifs, interstitiels, les publicités contextuelles par mot-clé de Google, etc. On a vu des pubs qui se déplient, qui bougent, qui surgissent, qui suivent le curseur, qui se déroulent et quoi encore.

Dans certains cas, ces publicités sont devenues carrément envahissantes. Tant et si bien que les créateurs ont réalisé que certains lecteurs et surfeurs de Web étaient agacés par ces publicités qui prennent plus de place à l’écran que l’espace de base qui leur est réservé, justement parce qu’elles se déplacent, se superposent ou de déplient alors que votre curseur les effleurent. Ainsi, les créateurs ajoutent, la plupart du temps, un truc ou un machin, pour permettre au visiteur de fermer cette publicité, de l’arrêter de bouger, de stopper la vidéo, de l’enlever de votre vue, etc.

La plupart du temps, mais pas toujours. Et là, quand le créateur n’a pas prévu un tel mode de « disposition de la publicité », il est certain que cette pub a un impact négatif : le visiteur est encore plus agacé, surtout quand l’envahissement de la pub l’empêche de faire ce qu’il veut.

C’est ce qui est arrivé à ma conjointe lorsqu’elle a consulté ses courriels sur son adresse Yahoo dernièrement.

Une publicité s’est superposée à sa fenêtre dans le navigateur Safari (dont la fonction de blocage des fenêtres surgissantes – les popup – n’avait pas été activée, malheureusement) ainsi qu’avec Internet Explorer sur un PC. Aucun bouton, menu ou petite case à cliquer pour s’en débarrasser. Non. Cette pub surgissante et envahissante de Wal-Mart était là pour rester, jusqu’à la fermeture de la fenêtre du navigateur. Sauf que cela rendait difficile l’accès au service de Yahoo courriel en question, difficile d’aller cliquer sur les dossiers de courriels, sur certains liens…

pubwalmart3.jpg

Croyez-vous que cette publicité a favorablement influencé ma conjointe à aller faire ses achats de Noël chez le détaillant en question? Poser la question, c’est comme y répondre.

Faudra-t-il s’étonner par la suite que les utilisateurs d’Internet soient réticents à voir toutes ces publicités et que certains aillent jusqu’à s’installer des outils qui bloquent l’affichage des publicités? Et souvent, les éditeurs de site Web en question ne sont pas nécessairement responsables des débordements, puisque les matériels publicitaires sont gérés par des outils automatiques et ce sont les clients ou leurs agences qui chargent eux-mêmes le matériel de leur campagne publicitaire dans les outils de gestion.

Les créateurs de matériel publicitaire ont une certaine responsabilité à cet égard et doivent eux aussi travailler à conserver un équilibre, d’ailleurs fragile, entre les objectifs d’une campagne publicitaire et le degré de tolérance des visiteurs de site Web. Les groupes témoins sont sans doute une pratique à utiliser pour mesurer ce degré de tolérance si on ne veut pas qu’un matériel publicitaire ait, en fait, le résultat contraire de l’effet escompté.

Les éditeurs de sites Web doivent également prendre leur part de responsabilité dans ce dossier, parce que l’enjeu, ici, est leur modèle d’affaires.

Patrice-Guy Martin - 2 décembre 2008 - Pas de commentaire »
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