Entreprise 2.0 : faut-il des gens 2.0?
Intéressante discussion hier matin dans le cadre du premier événement dans la série Vision techno de Direction informatique et qui portait sur le réseautage social qui s’est tenu au Centre Mont-Royal. Une cinquantaine de personnes sont venues écouter Jean-François Barsoum et Sophie Beauchemin d’IBM nous entretenir du Web 2.0 et des réseaux sociaux dans les entreprises.
Ce sujet, comme vous le savez, est très à la mode, mais il n’est pas courant que la discussion origine d’une entreprise de grande informatique que l’on a tendance à associer aux systèmes centraux et aux technologies plus traditionnelles. Plusieurs ont été agréablement surpris de constater la vision de Jean-François Barsoum et son analyse critique de certains phénomènes du Web 2.0.
Par ailleurs, il a assez bien situé le contexte et la pression que posera sur la disponibilité des technologies l’arrivée dans le monde du travail de la génération Net. D’ailleurs, nous avons écrit sur le sujet récemment via une analyse stratégique de ce phénomène de la relève dans l’article « Les jeunes, les technologies et le travail : changer sa souris d’épaule » et dans l’article « Intégration au travail des nouvelles générations : au-delà de la nécessité, un atout » .
Mais au-delà de cette mise en contexte et de cette vision, j’ai pu constater, à travers les exemples que nous a donnés Sophie Beauchemin, que le fournisseur IBM pratiquait ce qu’il prêche. Il y a plus de 62 000 blogueurs à l’interne au sein de cette organisation qui compte jusqu’à 500 000 employés si on inclut les sous-traitants stratégiques (environ 350 000 employés comme tels), lesquels ont produit au dernier décompte 262 000 entrées.
Autre exemple, l’entreprise utilise un système interne pour colliger des signets, semblable à Delicious et qu’ils ont baptisé Dogear, qui comprend 580 000 liens classés selon 1,4 million d’étiquettes.
Un autre service qui est encore en mode définition et qui entre dans cette approche du travail collaboratif à la sauce 2.0 est le service baptisé ManyEyes qui vise à permettre une visualisation intelligente de données en démocratisant ces techniques. Voici, par exemple, une carte hiérarchisée (à la manière d’un nuage d’étiquettes) des mots utilisés par Barack Obama dans son discours du 4 novembre au soir à Chicago. Intéressant.
Ce qu’il faut se rendre compte, à la lumière de ces façons de faire et de ces approches, c’est que les défis reliés aux réseaux de collaboration à la mode 2.0 sont rarement technologiques. En général, on maîtrise assez bien les technologies sous-jacentes ou encore on peut trouver des spécialistes qui les maîtrisent.
Ce qui est plus difficile, c’est de trouver des individus qui pensent 2.0, qui pensent changement collaboratif, qui n’ont pas peur du partage et qui saisissent le modèle. Et pour assurer que cela fonctionne, ces gens 2.0 doivent être des décideurs dans l’organisation. Voilà le défi.
Patrice-Guy Martin - 6 novembre 2008 - 2 commentaires »| del.icio.us | Digg IT | Diigo | Google | StumbleIT | Yahoo! | Technorati |
2 commentaires »
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Ce fut en effet une excellente conférence!
On a peine à penser que les applications du Web 2.0 soient un défi à ce point « rarement technologiques ». Les conférenciers ont d’ailleurs bien soulignés quelques bons enjeux relatifs au facteur « humain ».
Beaucoup travail reste à faire en matière d’initiation et de formation pour faire de nous des « gens 2.0 » comme utilisateurs de ces outils Web. Et puisque la technologie avance vite, en comprendre les implications dans nos milieux de travail, mieux… dans nos réseaux sociaux!
Plus qu’une techno, un changement de société ai-je noté !?
Au plaisir de vous suivre. C’est inspirant et formateur…
Réal L.
Commentaire par Réal Lefebvre — 7 novembre 2008 @ 10:03
Bonjour, et merci pour les liens.
Tout à fait d’accord, le principal frein à l’entreprise 2.0 n’est pas technologique mais culturel. A cet égard, il est assez surprenant de voir comment IBM a su opérer une révolution interne. Toutefois, il faut relativiser : la filiale française conserve tous les ingrédients d’une bonne vieille entreprise française.
Nous venons de publier une enquête sur les ‘digital natives‘ : peut-être leur arrivée dans ces entreprises figées dans leurs habitudes les forcera-t-elle à évoluer. Je l’espère. Mais je ne pense pas que ce cela se fera à court terme. (Il n’y a qu’à voir comment l’ouverture de mon blog il y a quelques années a été perçue au sein de la vénérable rédaction du Monde Informatique…)
Commentaire par Olivier Rafal — 10 novembre 2008 @ 4:24