Logiciel propriétaire et code source libre: mythes et réalités

Le logiciel libre n’est pas une panacée et ne répond pas toujours aux préoccupations des organisations. Tâchons de tirer certaines choses au clair.

L’actualité récente nous a amené de nouveau vers les tribunaux et une nouvelle poursuite contre un organisme du gouvernement du Québec pour ne PAS avoir choisi du logiciel libre. C’est la deuxième fois cette année que cela se produit.

La question que je me pose : est-ce qu’on est véritablement en train de servir la cause du logiciel libre? J’en doute.

Premier constat : les organisations sont réticentes à abandonner des solutions qui ont fait leur preuve pour adopter le logiciel libre.

Lorsque vous êtes du côté client de l’équation d’achat, vous désirez une solution qui a fait ses preuves et qui ne vous laissera pas tomber en cours de route. Une solution pour laquelle vous pourrez facilement trouver du support et qui est soutenue par une organisation solide, connue, en qui vous avez confiance.

Longtemps c’est ce qui a fait que des clients québécois ont choisi des solutions de fournisseurs américains, en raison de la confiance qu’ils avaient envers l’organisation. C’est ce qui faisait en sorte que les organisations choisissaient, autrefois, WordPerfect et non Le Secrétaire Personnel (de Logidisque).

Une organisation aime se sentir indépendante de son fournisseur, à ne pas confondre avec le fabricant du logiciel. On peut acheter un logiciel de Microsoft partout. On peut avoir du support pour du logiciel de Microsoft tout autant. Les grandes firmes d’intégration connaissent les produits de Microsoft et disposent d’ingénieurs certifiés pour les produits de Microsoft.

Abandonner tout ça pour du logiciel libre, développé par une organisation de bénévoles, plus ou moins connus, alors que rien de nous rassure quant à la pérennité des produits?

À ne pas oublier que ces produits ne sont accompagnés d’aucun support garanti, autrement que par des tiers que l’on connaît peu et ceux-là même qui décident de poursuivre en Cour parce qu’on n’a pas choisi de retenir leur service? Abandonner des années d’investissements dans une plate-forme pour laquelle nos techniciens et nos utilisateurs sont formés?

Non, les entreprises ne veulent pas risquer ce chambardement inutile.

Deuxième constat : libre n’est pas synonyme de gratuit. On en parle moins aujourd’hui, mais il y a quelques années l’expression qui était sur toutes les lèvres était le « coût total de propriété » ou TCO pour Total Cost of Ownership. Nombre d’analyses de firmes célèbres comme Gartner et autres en arrivaient à la conclusion que dans le portrait global, le coût d’achat d’un produit informatique représentait rarement plus de 10 % de son coût global d’acquisition. Faut y ajouter le coût de l’implantation, le coût de la formation des techniciens, des utilisateurs.

Il n’est pas impossible que certains équipements ne soient pas compatibles au nouvel environnement et il faudra alors les remplacer. Il n’est pas impossible que certaines applications spécialisées, utilisées pour soutenir la mission critique de l’entreprise, ne fonctionnent que sous Windows et qu’il n’y ait pas de version Linux disponible.

Pour l’organisation, le libre n’est pas gratuit et représente des coûts qui peuvent dépasser le coût d’achat de la solution propriétaire qu’ils connaissent bien.

Troisième constat : l’OS et la suite bureautique sont des commodités. Pour les organisations, le système d’exploitation et la suite bureautique, c’est quelque chose qui est plus ou moins inclus dans les ordinateurs achetés et un standard commun et connu est simple à déployer. La suite bureautique n’est plus vraiment un enjeu qui pourrait changer complètement la productivité d’une organisation. Même chose pour le système d’exploitation. Et d’ailleurs, si Linux fait tout ce que fait Windows et que OpenOffice fait tout ce que fait Microsoft Office, quel avantage aurait une organisation à tout jeter par-dessus bord pour adopter une autre solution parce qu’elle est en code source libre?

Pour la capacité de modifier le code? Sérieux? Vous en connaissez plusieurs organisations qui vont prendre le temps d’analyser le code d’une édition de Linux ou d’OpenOffice et dire : tiens, je n’aime pas telle fonctionnalité, je vais la reprogrammer à mes besoins et recompiler le code pour me créer une version sur mesure? Et m’exposer au risque de perdre le fil lors des éventuelles mises à jour?

Quatrième constat : le véritable concurrent est en ligne. Les logiciels services en ligne, disponibles sur demande et gratuitement sont désormais la concurrence. C’est, par exemple, l’ensemble de la gamme de produits Google, qui comprend traitement de texte et tableur, courriel et calendrier, présentation et messagerie instantanée. Avec Google Gears, même pas besoin d’être en ligne pour accéder à la plupart de ces applications.

Je ne serais pas surpris de constater que les organisations soient davantage tentées de retenir Google comme suite de bureautique alternative que OpenOffice. Le support d’une grande organisation y étant sans doute pour quelque chose.

Et si on s’aventure du côté des applications spécialisées, il est clair que la concurrence s’en va vers les applications à la demande, génériques et simples d’utilisation, qui peuvent prendre en charge des processus typiques, documentés et relativement simples à configurer. On paie à la transaction, à la largeur de bande consommée, à l’espace disque utilisé.

Si le libre a sa place dans le parc de logiciels des organisations, je ne pense pas que cette place soit du côté du système d’exploitation ou de la suite bureautique, cette bataille est terminée. Il faut regarder ailleurs. Certains créneaux sont plus réceptifs. Les blogues par exemple. Les serveurs.

Mais une chose est certaine, à mon sens : il ne faut pas poursuivre son client potentiel au Tribunal parce qu’il n’a pas choisi de faire affaires avec vous. C’est un client perdu, même si vous gagnez.

J’entends déjà les apôtres du libre taper au clavier pour me laisser savoir que je n’ai rien compris. Vous pouvez m’écrire, par courriel ou sur mon blogue, il me fera plaisir d’en discuter.

Patrice-Guy Martin - 2 octobre 2008 - 13 commentaires »
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13 commentaires »

  1. Votre éditorial n’en est pas un. Vous y avancez de bons points, mais malheureusement, vous êtes totalement biaisé dans votre argumentation. Il n’y a qu’un côté de la médaille. Il est de votre devoir de prendre le temps de comprendre la réalité de plusieurs entreprises qui ont du succès avec le logiciel libre avant d’avancer des arguments qui se résument probablement à votre propre expérience et à en généraliser des conclusions bornées.

    Saviez-vous que tout le parc de serveurs de Google fonctionne avec une version maison de Linux? Ont-ils peur de perdre le fil des mises-à-jour de Linux? Vous me direz qu’ils ont les moyens de payer leur armée de programmeurs. Mais reculez en 1997, au moment où ils ont pris la décision d’utiliser Linux…Ils ont fait évoluer l’entreprise avec cette philosophie dès le départ.

    Bien sûr, une entreprise ayant déjà investi dans les logiciels propriétaires doit faire attention et penser à une transition progressive, mais c’est tout-à-fait pensable, il suffit de bien planifier.

    Loin de moi l’idée de remettre en cause l’utilisation des logiciels propriétaires. Certains sont excellents et méritent pleinement leur prix. Mais ils sont peu nombreux.

    D’ailleurs, l’ensemble de vos propos portent à croire que vous arrêtez vos observations à l’utilisation « desktop » des logiciels. C’est évident que de ce côté, les logiciels propriétaires ont une longueur d’avance et offrent souvent un meilleur coût total de propriété. C’est que ce type de logiciel existe depuis plus longtemps (avant qu’Internet ne permettent aux logiciels en source libre d’être diffusés).

    Vous avancez aussi qu’il n’est pas impossible que certains équipements ne soient pas compatibles avec des logiciels open source. Premièrement, on parle ici du système d’exploitation, sans plus. Si l’OS roule, tous les logiciels qui sont conçus pour cet OS fonctionneront dessus.

    Deuxièmement, les systèmes d’exploitation open source n’ont rien à envier à Microsoft. Vous avez regardé un peu autour de vous ce qui se passe avec Windows Vista? Pour la compatibilité, on repassera.

    Et l’aspect sécurité? Les éternelles mises-à-jour de Windows, qui est truffé de failles. L’utilisation de logiciels anti-virus au côut exorbitant qui vous emprisonnent à trop vouloir tout contrôler…

    Vous parlez aussi des services en ligne, qui prennent de plus en plus de place…Vous vous devez de réaliser que beaucoup de services en ligne (dont ceux de Google incidemment) sont construits sur des plateformes entièrement Open Source. Essayez de trouver quelqu’argument que ce soit contre des logiciels comme Apache, MySQL ou PHP. Ces plateformes offrent d’évidents avantages pour toute entreprise qui s’y consacre (en mettant en place les bonnes ressources pour les exploiter).

    C’est une question de philosophie, d’approche globale et surtout de vision. Comme bien d’autres choses, c’est une question d’évaluer.

    Somme toute, votre argumentation manque de nuance et de reconnaissance de contextes différents. Vous auriez dû inituler votre édito: « Mes Mythes et ma réalité »

    Commentaire par C Bedard — 8 octobre 2008 @ 16:46

  2. Bonjour M. Martin,

    Vous apportez plusieurs points intéressants et qui méritent d’être débattus.

    1) « Vous désirez une solution qui a fait ses preuves et qui ne vous laissera pas tomber en cours de route ».
    -> J’espère que vous ne parlez pas ici de Windows (toutes versions confondues) ! La raison composée qui justifie le fait que les gens et corporations ne changement pas; c’est l’inertie. Ils sont trop habitués à cet environnement et typiquement ne connaissent même pas les produits compétiteurs.
    -> De plus, MicroSoft a réussit à « abrutir » l’usager moyen … plus nécessaire de rien connaître, il ne suffit que d’insérer le cdrom/dvdrom et cliquer [oui] (et ce qu’importe la question) pour parvenir à ses fins (CQFD). Et on appel ça le progrès ?!

    2) « Libre n’est pas synonyme de gratuit »
    -> Tout à fait d’accord. Mais il peut l’être … tandis que le propriétaire ne l’est _jamais_ !
    « … le coût d’achat d’un produit informatique représentait rarement plus de 10% de son coût global d’acquisition. »
    -> Sauf que dans le cas de MicroSoft, implanter une nouvelle version de Windows ou de Office représente aussi le coût des licences – qu’il faudra répéter lors de la sortie de la prochaine version … et elles sont significatives.
    [Windows coûte typique $250 {*1} et la suite Office standard un autre $450, la professionelle $650 {*2}. Et cela ne comprend pas les autres gros joueurs : MS-Project {$800}, MS-Visio {$475}, quand on sait qu’un ordi de bonne capacité coûte approximativement $1000, c’est plus que 200% du total !!!
    Pour ce qui est de l’intégration, la formation, … etc – les produits sont tellements semblables que les coûts seraient les mêmes.
    -> En revanche, je vous accorde qu’il y a beaucoup plus de gens qui font (ou sont certifiés) pour les produits Microsoft, mais est-ce un gage de qualité ?
    # Note : je suis moi-même un ancien certifié de MicroSoft.

    3) « … si Linux fait tout ce que Windows fait et que OpenOffice fait tout ce que MS-Office fait, quel avantage aurait une organisation à tout jeter par-dessus bord pour adopter une autre solution, parce qu’elle est en code source libre ? »
    -> C’est vrai, je n’ai jamais modifié le code source d’une quelconque application majeure : Linux, OpenOffice, FireFox, Thunderbird. En revanche, on peut parler directement avec un développeur – et eux – font les modifs {i.e. le déploiement des dictionnaires français dans la version anglaise de OpenOffice : Laurent Godard}.
    - Avez-vous déjà essayé d’en faire autant chez le géant américain ?!
    - Et, qu’en est-il du soutien technique que votre licence vous donne supposément droit ? Avez-vous déjà appelé chez MicroSoft pour leur dire que vous aviez un « écran-bleu-de-la-mort » ou un « General Protection Fault » … qu’est-ce qu’on vous à répondu ??

    4) Sur ce point – on s’entend sur presque toute la ligne, sauf le fait de pouvoir exercer son pouvoir discrétionnaire qui mène à notre liberté de choix. Par exemple, je désire acheter un portable ou un PC … et j’aimerais avoir le choix du système d’exploitation et ne pas être _obligé_ de payer la licence d’un produit dont je ne me servirai pas.

    Veuillez agréer, cher monsieur, l’expression de mes meilleurs sentiments.

    Marc Grondin, Admin UNIX {anciennement soutien tecnique Microsoft Windows/Office/… certifié}.

    ________________________________
    X) Références : Bureau en Gros.
    ________________________________
    *1 : http://www.staples.ca/FRA/Catalog/cat_sku.asp?CatIds=74%2C291%2C305,324&webid=572794&affixedcode=WW&MSCSProfile=3C79F0C7EA3162B289A6F3317CC124D8328C64C2A24BFA301D7B2E38AA69523FE2A62C2D589BC13398071810224E4C0F260CD908E7AE0D834C13FF924A65CE7B3EC3499A5CC3441A2AEC4329A525EE73B46A62AEB3FE7536E4B41771EC266A8AAB5B83506D7A61ACD527BB36D7011BBFE8C0138E56029D4D005ACCB3ACC351A5ECB3C214B7457E86

    *2 : http://www.staples.ca/FRA/Catalog/cat_sku.asp?CatIds=74%2C291,4199&webid=663343&affixedcode=WW&MSCSProfile=3C79F0C7EA3162B289A6F3317CC124D8328C64C2A24BFA301D7B2E38AA69523FE2A62C2D589BC13398071810224E4C0F260CD908E7AE0D834C13FF924A65CE7B3EC3499A5CC3441A2AEC4329A525EE73B46A62AEB3FE7536E4B41771EC266A8AAB5B83506D7A61ACD527BB36D7011BBFE8C0138E56029D4D005ACCB3ACC351A5ECB3C214B7457E86

    Commentaire par Marc Grondin — 9 octobre 2008 @ 7:09

  3. Monsieur Martin,

    Avec tout le respect que je vous dois, permettez moi d’abord de vous rendre mon état d’âme émotionnel puisque ce dernier ne passe pas dans le câble de cuivre. Je suis très Zen, calme, respectueux et excité de vous répondre.

    Si je vous dis Atari, à quoi pensez vous? Moi je fais référence à mon premier Palm! Je suis un crac de l’informatique, un administrateur de systèmes. Les Palms et compagnies, je les ai tous consommés! J’ai été un des premiers à acheter un Palm Pilot, le bon vieux modèle noir et blanc, et d’ailleurs je l’ai encore. J’ai eu un iPod Touch de 16G, puis 32G, finalement je l’ai vendu pour acheter le iPhone 16G. J’ai vendu mon Palm Tréo 650 à mon neveu : 40,00 $ et j’ai accepté de payer 220,00 $ de pénalité chez Telus. Le Palm Tréo 650, c’est de la scrap!

    Vous vous demandez peut-être pourquoi je vous dit tout cela. Pour vous exprimer à quel point je sais de quoi je parle…

    Les OS maintenant… CPM, DOS, MS-DOS, DR-DOS, IBM-DOS, GEM, GEOS, OS/2, Linux, Windows 3.1, 95, 98, 2000, NT, Novell, XP, Sun, AIX, HP-UX, Mac OS X… Name it! Je les ai tous utilisés, étudiés,  consommés et maîtrisés!!

    Linux, c’est un système d’exploitation. Par dessus, il y a ce qu’on appelle le gestionnaire de fenêtres. Pour Mac, c’est Mac OS X. Pour Windows…Heu… Y en a pas! Le système d’exploitation (OS) et l’environnement graphique est confondu, dans le même bloc, c’est la même couche, et c’est pourquoi c’est si lent, si piètre en performance et si bogué.

    Sous Linux, il y a une tonne de gestionnaires de fenêtres, qui se superposent sur l’OS, au choix de l’usager. Et c’est ici que je veux attirer votre attention, le choix de l’usager. La liberté de faire son choix.

    C’est ça le logiciel libre, c’est donner la liberté à l’usager de faire son choix. Moi je suis un artiste dans l’âme (www.lepetittuxervateur.ca) et je créé mes propres outils lorsque je ne les trouve pas sur l’Internet.

    Mais qui a-t-il de mieux qu’un exemple concret. Reste à voir si vous aurez l’audace de vous y soumettre :

    1- Téléchargez OpenOffice ou mieux ; NeoOffice, et installez le.
    2- Dans le SpreadSheet, créer un petit bloc de données, genre :

    Titre Prix
    Palm  395,00 $
    iPhone 450,00 $

    3- Sélectionnez le bloc
    4- Avec votre bloc maintenant en inverse vidéo, déplacez votre pointeur de souris sur le bloc
    5- Cliquez et maintenez appuyé
    6- Déplacez le bloc où bon vous semble

    Maintenant, essayez donc de faire semblable action avec Microsoft. Je vous mets au défi!

    La liberté de choisir!
    La liberté de choisir!

    En tant qu’artiste, je ne peux tout simplement pas me résigner à évoluer dans un environnement encapsulé comme Microsoft. Sa philosophie de me prendre par la main chaque fois que j’essaie de créer me frustre. Son aide en ligne me fait tout simplement sacrer! Je refuse d’être un simple mouton noir qui agit comme tous les autres. Je veux ma liberté, celle de pouvoir choisir!

    Je vous invite, Monsieur, à partager mes opinions sur votre blogue, intégralement!

    Merci de votre temps,

    Yves

    P.S. : Après l’envoie de mon courrier, Monsieur Martin m’a confié qu’il utilisait déjà OpenOffice et NéoOffice. J’ai jugé bon de le préciser ici ;-)

    Commentaire par Yves Boisjoly — 9 octobre 2008 @ 10:04

  4. Je pense que vous omettez un détail important: le passage à Office 2007 change tellement la façon de faire, qu’il faut de toute façon former le personnel de nouveau.

    Dans ces conditions, pourquoi ne pas accepter de les former sur un outil différent mais comparable, et surtout gratuit: OpenOffice?

    On peut faire le même raisonnement avec la mise à niveau à Vista: en plus de la formation pour le personnel, il faut rehausser considérablement le matériel (quand ce n’est pas carrément le remplacer par du neuf)!

    Le passage à Linux peut devenir plus intéressant monétairement parlant, puisqu’il pourra s’accommoder aisément d’un matériel un peu moins costaud.

    Ceci dit, j’utilise Linux au bureau sur mon poste de travail (j’administre une centaine de serveurs Linux). En comparant ma satisfaction face à l’interface au bureau (KDE dans Ubuntu) avec celle à la maison (MacOS 10.5), je ne peux que me rendre à l’évidence que le Mac a une bonne longueur d’avance sur Linux, même si j’utilise OpenOffice sur les deux plates-formes…

    En conclusion, je suis persuadé que Linux n’est pas rendu au niveau de Windows ou MacOS pour le poste de travail, mais il n’en demeure pas moins un choix intéressant dans certaines situations.

    Commentaire par D. Beauchemin — 9 octobre 2008 @ 15:09

  5. Bonjour M. Martin.

    Je viens de tomber sur votre article dans le direction informatique et je n’ai pu m’empêcher de répondre tellement j’étais heureux d’enfin lire quelqu’un qui ose dire que ça peut être bon de payer pour des logiciels. La sacro-sainte communauté OpenSource a tellement pris de place dans les médias dit « geek », que l’autre côté de la médaille n’a presque plus de place dans les médias informatiques.

    D’abord, je travaille en TI, architecte organique / développeur depuis presque 10 ans. Principalement avec les technologies Microsoft depuis quelques années (SQL, ASP.NET, Windows server), mais j’ai aussi touché à bien des mondes auparavant, avec PHP, Apache, MySQL, et compagnie.

    La raison pour laquelle je suis devenu méfiant envers les logiciels libre tels Linux ou OpenOffice, et simplement que je veux que ça marche du premier coup sans me casser la tête. J’ai un travail à accomplir, une application à construire, et je veux que mon système d’exploitation et mes outils de travail soient des aides à accomplir la tâche, et non des pertes de temps que je passe mon temps à configurer.

    Je veux avoir le droit de « chiâler » auprès d’une compagnie quand ça ne marche pas. Lorsque je paye, ne serait-ce que $20 pour un produit, ou $2000, ça me donne le droit d’écrire au support technique et demander des explications sur un comportement anormal d’une application.

    Et, concernant OpenOffice principalement, on peut dire que ça fait bien pour ouvrir et consulter des documents, mais dès qu’on veut faire une édition ou mise en page sérieuse, ce n’est que du cassage de tête car ça ne répond tout simplement pas à la demande, et si on désire réouvrir le document dans Office par la suite, on constate la non conformité du document avec les comportements qu’on s’attend d’en obtenir. J’ai essayé OpenOffice pour la première fois suite à la sortie d’Office 2007 dont j’ai détesté (et déteste toujours) la nouvelle barre d’outils. Mais j’ai fini par me résigner! J’aurais pu ouvrir le code source d’OpenOffice pour le refaire à mon goût, sur une durée de 5 ans. J’ai choisi d’acheter Office.

    Je dois admettre cependant que, autant pour mon utilisation personnelle que pour les équipes de travail au bureau, la suite online de Google Documents est de plus en plus utilisée. Sa facilité d’utilisation, de partage de document au et hors du bureau, ainsi que les notifications lors de mises à jour en font un outil extrêmement pratique et portable. Aucune installation requise, une merveille.

    Je ne suis cependant pas 100% anti open-source, je suis un grand fan de SourceForge, j’aime bien aller chercher des utilitaires pratiques, tels des outils d’archivage, ou un client ftp (filezilla), ou autre. Mais ça demeure des outils remplaçables, non critiques, et qui ne peuvent mettre en péril le bon fonctionnement de notre travail. Dans ce cas, oui, amenez moi des outils ouverts et gratuits. Mais de toute façon, la plupart du temps, je ne télécharge jamais le source, que l’exécutable ou le fichier d’installation. Et si quelque chose cloche, au lieu d’ouvrir le code source, je vais sur le forum écrire ou consulter les commentaires des utilisateurs. La plupart du temps, soit j’obtient le correctif dans la mise à jour suivante, ou on me répond avec une solution alternative à mon problème.

    Un dernier point, que je dirigerais vers M. Beauchemin. Si vous décédez demain matin, est-ce que votre réseau de 100 machines linux pourra se remettre sur pied facilement en trouvant 1 remplaçant qui saura vite en reprendre le contrôle, ou si vous avez, comme tout administrateur linux, caché des petits « scripts » secrets partout qui font des tâches obscures, et que personne ne pourra jamais comprendre?

    Avec la technologie Microsoft ou autre bien reconnue (Oracle par exemple), on doit admettre que la facilité de trouver des ressources humaines compétentes est bien supérieure à son comparatif pour trouver une ressource spécialiste Linux qui se respecte.

    Bonne TI à tous!

    FM

    Commentaire par Frederic Malenfant — 9 octobre 2008 @ 20:30

  6. Bonjour,

    Enfin, voici la vérité sur l’utilisation des logiciels libres dans la majorité des PME québécoises en 2008.

    Je travaille comme directeur TI depuis environs 10 ans en plus de 10 autres années comme programmeur et admin réseau. Durant plusieurs années j’ai évolué dans un monde non Microsoft et participé à l’implantation de serveurs Linux. Je ne me considère pas comme un expert, mais ayant vécu dans les deux je peux comparer.

    L’adaptation, la difficulté de trouver des ressources sur le marché est pour le moment des facteurs qui freinent les logiciels libres, les entreprises ne sont pas toutes des shop de développement ou ne possède pas des dizaines d’employés avec des maitrises ou des PHD comme chez Google que leur travail est justement d’innové. Nos entreprises nous demande de faire fonctionné leur environnement et que les personnes qui sont toujours débordées ne ce soucie pas de savoir que leur logiciel de bureautique ne fonctionne pas avec le voisin ou leur partenaire d’affaires ou que simplement un des rares programmes spécialisés dans sont domaine ne fonctionne pas sur sont poste de travail ou serveur, car sont entreprise est dans un environnement qui le restreint à un faible pourcentage de produit.

    Dans ce type d’environnement seulement déplacer un icône fait en sorte que l’utilisateur ce questionne et ce n’est pas parce que nous utilisons Microsoft que nous devons avoir tous des postes Vista et des Office 97, les entreprises considèrent aussi ce type de changement et le font avec réserve.

    Au niveau de la gestion des opérations informatiques c’est pareil, trouver du personnel qualifié en .Net, SQL Serveur c’est beaucoup plus facile que de trouver un spécialiste en Linux et MySQL et ici je parle de vrai expert pas des personnes qui ont des serveurs dans leur sous-sol et qui connaissent bien le produit, mais rien à l’utilisation en entreprise avec les contraintes d’intégration de performance, processus et norme à suivre.

    Honnêtement si j’étais patron d’une shop de développement je ferais des tests pour remplacer mon BB Bold par un IPhone mon Dell par un Mac avec Linux et open office pour créer et comparé, mais en tant que gestionnaire responsable et ayant comme tous des moyens limités je dois conseiller et appliquer ce qui est pour le moment la meilleure solution pour les besoins de l’entreprise et non des caprices de « geek » qui à chaque soumission publique ou ils ne sont pas choisie crie et poursuivre.

    Commentaire par LL — 10 octobre 2008 @ 8:00

  7. Je voudrais répondre à M. Malenfant que je ne suis pas seul à gérer nos 100 serveurs Linux. Et nous nous efforçons de bien documenter ce que nous faisons. Donc, si je devais m’absenter pendant un certain temps (je préfère cette éventualité à mon décès ;) ), le reste de l’équipe pourrait très bien continuer à bien faire fonctionner nos serveurs.

    Comme je l’ai laissé entendre, je ne suis pas pro open-source à tout prix. Dans notre environnement (le Service des Technologies de l’Information à l’Université de Sherbrooke), certaines choses méritent d’être faites dans une infrastructure Microsoft, alors que d’autres peuvent très bien fonctionner en open-source.

    Pour la gestion du courriel entrant (détection et éradication des polluriels, tentatives de hameçonnage et virus), à part l’antivirus McAfee pour lequel nous avons une licence de site, je n’utilise que des produits open-source et les résultats sont excellents sans avoir à passer des heures à supporter le tout.

    C’est quand même vrai qu’il y a plus de « spécialistes » Microsoft qu’il y en a pour Linux. Dans notre service, les gens sont habituellement d’accord que la solution à un problème peut avoir plusieurs bonnes solutions, quelquefois open-source, d’autres fois Microsoft, ou un mélange des deux.

    Commentaire par D. Beauchemin — 10 octobre 2008 @ 8:59

  8. @LL Cher anonyme, vous écrivez: « des caprices de « geek » qui, à chaque soumission publique où ils ne sont pas choisis, crient et poursuivent. » Si vous faites référence aux poursuites présentées ici de façon erronées par M. Martin, vous commettez la même erreur factuelle que lui.

    Dans son communiqué de presse du 28 août, l’association FACIL indique qu’elle « a constaté que des contrats d’achats de logiciels qui totalisent plus de 25 millions de dollars durant la période de février à juin 2008, ont été obtenus par de grandes multinationales par avis d’attribution sans passer par le processus normal d’appel d’offres. »

    Les multinationales visées, je crois, sont Microsoft, mais également et surtout, Oracle. Ce n’est donc pas parce qu’ils n’ont « PAS ÉTÉ CHOISIS » que les partisans du logiciel libre poursuivent le gouvernement, mais parce qu’ON NE LEUR A MÊME PAS PERMIS DE PROPOSER UNE ALTERNATIVE, CONFORMÉMENT À LA LOI D’ACCÈS AUX MARCHÉS PUBLICS DU QUÉBEC.

    Commentaire par Christian Aubry — 10 octobre 2008 @ 9:17

  9. Pour ceux que les faits intéressent plus que la polémique propre au format de l’éditorial d’opinion, Direction informatique a publié un article fort bien documenté sur la première poursuite ici : http://snurl.com/sfl-di; puis un second article, le mois dernier, ici : http://snurl.com/facil-di

    Sur le fond, à part l’erreur fondamentale expliquée plus haut, ce texte de Patrice-Guy est évidemment un texte d’opinion dont chaque argument peut aisément, et rationnellement, être renversé. Je ne doute pas que les fournisseurs de service en logiciels libres du Québec, une fois de plus, le feront.

    L’avant-dernier paragraphe de ce texte est intéressant. Si l’on ne doit pas poursuivre en justice un client potentiel, j’imagine qu’il n’est pas sot de reprendre, sans se donner la peine de les développer, les arguments « classiques » de vos annonceurs potentiels.

    Est-ce là un élément d’analyse pertinent, Patrice-Guy? Peux-tu, de façon honnête et aussi transparente que ton statut de journaliste l’exige, nous dire quelles ont été, à ta connaissance, les réactions de certains annonceurs aux articles de François Huot et Jean-Pierre Ferland cités plus haut?

    Commentaire par Christian Aubry — 10 octobre 2008 @ 10:07

  10. Monsieur Aubry,

    Le gouvernement québécois dépense plusieurs millions en logiciel et consultant incluant beaucoup de personne du logiciel libre. Il me semble que vous avez déjà œuvré dans le domaine public ou parapublic et savez peut-être que malheureusement plusieurs offres sont « orientées » vers une technologie et si vous ne l’avez pas oublié votre offre. Ce qu’Oracle à fait et fait avec le gouvernement québécois et notre argent est pathétique, mais dans les milieux gouvernementaux prendre une décision comme la couleur des trombones est difficile et demande un comité consultatif, imaginé quand un consultant vous demande de prendre une décision sur un processus d’affaires complexe comment ça peut vous et me couter! L’achat de licence ou de logiciel qui font partie d’une continuité sont effectivement fait sans appel d’offre, mais c’est normal, allez-vous installer une licence d’un produit dans un environnement qui en comporte dix d’un autre? La réponse est non et ça prend pas une grande connaissance en TCO pour comprendre que de faire la formation, l’intégration et d’avoir 5 à 10 ans de problème de compatibilité c’est pas payant à long terme.

    Vous avez omis de parler de nombreuse commission scolaire qui opte pour le logiciel libre sans « PROPOSER UNE ALTERNATIVE… » et qui vont de l’avant en implantant et utilisant cette option avec votre et mon argent sans regarder si les multinationales pourraient présenter un programme de licenciement adapté à leur besoin et budget restreins.

    Commentaire par LL — 10 octobre 2008 @ 13:20

  11. @LL. Chère Madame :) vous en savez manifestement beaucoup plus sur moi que moi sur vous. Et pour cause: je m’exprime ici à patronyme découvert, pas vous. Mon identité précise est aisément vérifiable, pas la vôtre. Or, comme tout bon journaliste vous le confirmera, la provenance exacte d’une opinion est un complément d’information essentiel pour en vérifier la qualité et la crédibilité.

    Donc, j’accepte avec plaisir de continuer cette conversation avec vous, mais à l’unique condition que vous assumiez vos paroles sans vous cacher sous un acronyme. Je veux savoir qui vous êtes, s’il vous plait: votre nom et, si possible, votre identité professionnelle précise. Merci.

    Commentaire par Christian Aubry — 10 octobre 2008 @ 14:26

  12. Voilà un éditorial tout simplement décevant, de surcroît parce qu’il vient du rédacteur en chef.

    Justifier sa position sur ce qui existe aujourd’hui, c’est être fermé à l’innovation. C’est le statu quo. Or, comment être crédible dans le monde de l’ »Informatique » si on se ferme à l’innovation?

    Pour moi le logiciel ouvert c’est dabord et avant tout une façon extrêmement efficace de collaborer et par conséquent d’innover. C’est aussi une façon de rendre l’innovation accessible, durable et inclusive. Ces critères ne sont-ils pas désirables aussi pour nos systèmes collectifs de gestion de l’information: accessibles, durables, inclusifs? Pour moi, considérer le ligiciel libre est tout à notre avantage, le favoriser serait judicieux.

    Votre magazine vient de prendre pour moi, dans son ensemble, une teinte suspecte. J’aurai désormais un regard beaucoup plus critique sur les rubriques que vous proposez.

    Commentaire par Francois Lefebvre — 15 octobre 2008 @ 7:07

  13. Après avoir lu cet éditorial… Heureusement que c’est un éditorial car ceci ne pourrait jamais passer pour un article d’un journaliste. L’éditorial permet de mettre de l’avant ses opinions, pas l’ampleur de la recherche faite sur le sujet.

    Bref, deux mots me sont venus à l’esprit après la lecture ce sont : Mauvaise foi ou incompétence? J’hésite encore entre les deux. Quoique mauvaise foi me semble plus crédible puisque j’ai peine à croire que Direction informatique engage du personnel incompétent.

    Devant la mauvaise foi, il est inutile de répondre point par point, puisque le but c’est justement de nier des faits.

    Commentaire par André Cotte — 15 octobre 2008 @ 15:02

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