Une vie numérique éclatée
À mesure que les réseaux sociaux se multiplient, les hyperbranchés s’aperçoivent que gérer sa vie numérique est plus complexe qu’il n’y paraît. Pour les organisations, ce phénomène doit être compris afin d’en utiliser le potentiel.
Il y avait MySpace. Puis il y a eu Facebook et LinkedIn. Et ensuite Twitter. Et maintenant il y a Pownce, Xing, BrightKite, Jaiku, Plurk, identi.ca et Viadeo. C’est sans compter les Digg, Plaxo, Delicious, Reddit, YouTube, Seesmic, Loopt, Kyte.tv et autres. Vous partagez vos photos en ligne? Est-ce sur Flickr, Picasa, SmugMug, Phanfare, Zooomr, Fuzzyshot, Snapmylife ou PhotoBucket? Vous indiquez vos préférences musicales sur Pandora, Last.fm ou iLike? Vous avez un blogue, voire plusieurs? Sur Blogger, WordPress, TypePad, Tumblr, Windows Live, Yahoo 360 ou sur votre propre site? Sans compter que vous faites peut-être de la messagerie instantanée avec un groupe de collègues de travail ou d’amis et que vous échangez des messages avec plusieurs personnes sur l’un de vos quatre comptes de courriel. Sans compter vos trois boîtes vocales. (L’image ci-contre est de Brian Solis. Visitez cette page pour une version plus grande de cette image qui tente de représenter l’écosystème du Web 2.0, des médias sociaux, ou ce qu’il appelle le «prisme de la conversation».)
Évidemment, tous vos amis et connaissances ne sont pas sur un seul de ces réseaux. Pour rejoindre tout le monde, vous ne pouvez donc pas vous contenter de choisir un blogue et un service de statut. Ou encore un seul service de messagerie instantanée. Certains de vos amis ou contacts professionnels sont sur Twitter et Facebook. D’autres ne sont que sur l’un ou sur l’autre. Ou encore ni sur l’un ni sur l’autre, mais ailleurs.
D’autant plus que les réseaux se concurrencent entre eux et voudraient que vous les choisissiez comme réseau à tout faire. Si bien que Facebook et LinkedIn, par exemple, offrent des espaces permettant de mettre à jour votre statut, ce qui est essentiellement le service qu’offre Twitter. Quoique ce dernier, selon le client que vous utilisez, vous permettra aussi d’ajouter automatiquement un lien vers une image sur Twitpic plutôt que faire un lien manuel avec une image que vous auriez téléchargé ailleurs. Vous me suivez toujours? Non? Voilà, la détresse numérique qui s’installe.
Le syndrome de la multiplication des réseaux
Tant de réseaux, tant de sites à visiter pour mettre à jour votre statut, votre profil, vos messages à vos amis et connaissances… Si bien que vous pouvez facilement passer des heures à naviguer de l’un à l’autre pour que tout soit à jour. Ce qui n’a aucun sens.
La techno vient alors à votre rescousse. Si de nombreuses applications clientes permettent de mettre à jour un seul service, certaines permettent de le faire pour plusieurs. C’est ainsi que j’ai d’abord commencé à utiliser MoodBlast (sur Mac) pour mettre à jour mon statut tant sur Facebook et Twitter que sur Skype, iChat ou Adium ainsi que Tumblr, Pownce et Jaiku, en même temps. Mais plus récemment, j’ai commencé à utiliser ping.fm parce qu’il me permet de choisir plus de services et de mieux les configurer, tout en y ayant accès par messagerie instantanée (Gtalk, AIM et Yahoo), et ce, tant sur l’ordinateur que sur l’iPhone. Jusqu’à ce qu’il flanche un bon jour pour quelques heures, ce qui m’a amené à tester hellotxt.com, qui permet de mettre à jour son statut sur une foule de services via le Web, par courrier électronique ou encore, en version Alpha, par SMS.
Plusieurs de ces services ont également une version mobile de leur site Web pour mieux s’adapter à la mise à jour de votre statut par le biais du navigateur de votre téléphone mobile. Vous n’aimez pas votre navigateur mobile? Qu’à cela ne tienne, ouvrez-vous un compte gratuit sur Jott et vous pourrez dicter (en anglais seulement) votre statut au téléphone et Jott fera la transcription en texte pour mettre à jour votre statut sur Twitter, Blogger, WordPress ou Tumblr (et quelques autres services comme Remember the milk, si vous avez un compte payant). D’ailleurs, Jott vous permet aussi d’envoyer des instructions à Sandy, votre assistante virtuelle qui peut gérer vos rappels et votre agenda. Malheureusement, Sandy ne peut pas aussi gérer vos statuts, mais elle peut vous envoyer des rappels de vos rendez-vous via Twitter, par SMS ou par courriel et vous pouvez lui envoyer des instructions non seulement par Jott, mais aussi par Twitter et courriel.
Et ça, c’est uniquement pour l’entrée de données. On veut aussi consolider le tout à la sortie. Puisque vous avez des connaissances et des amis partout, pour suivre ce qu’ils font, disent et écrivent, il vous faut installer nombre d’outils clients ou encore visiter tous les sites sur lesquels ils étalent leur vie numérique. Ou tout configurer pour être averti par courriel de l’activité des uns et des autres, ou encore par SMS.
Des développeurs ont pensé à vous et proposent des outils de consolidation comme Friendfeed ou Socialthing, qui permettent de regrouper tous les gens que vous suivez sur un seul service et même de rassembler vos diverses activités en ligne sur un seul site, que vous pouvez rendre public d’ailleurs. Pour avoir une idée, visitez friendfeed.com/pgm ou encore pgmartin.socialthing.com. Vous verrez en un seul lieu mes mises à jour Facebook, Twitter, Delicious, BrightKite et Flickr. Pas si mal.
Quoi choisir?
Si vous me suivez toujours, vous aurez compris qu’il y a beaucoup de consolidation à faire dans l’univers des réseaux sociaux en ligne, qu’un certain écrémage des services se fera et qu’on pourra éventuellement choisir celui dont la masse critique est suffisamment forte pour se démarquer. En attendant, ces réseaux continuent de se multiplier et vous ne pouvez pas attendre que la situation se stabilise avant d’en prendre avantage. Les organisations doivent comprendre, suivre et tester ces réseaux parce que leurs clients actuels ou potentiels sont là ou y seront.
Il s’agit ici d’un canal d’information bidirectionnel, qui s’ajoute aux canaux de communications plus traditionnels, sans nécessairement les remplacer. Pour une organisation, ignorer ces réseaux ou en bloquer l’accès à l’interne serait d’une totale inconscience. Mais attention avant de se jeter tête baissée dans ces réseaux : il y a beaucoup de bruit et d’interférence.
Je suggère aux organisations de réunir certains de leurs employés, qui sont des utilisateurs actuels de ces réseaux sur une base personnelle, pour commencer à en comprendre la dynamique et se donner une vision de la manière dont on peut utiliser ces réseaux pour accomplir la mission de l’organisation.
Il faut aussi se donner un plan stratégique d’utilisation de ces réseaux. Pourquoi on veut les utiliser? Pour rejoindre quel public cible et dans quel but? Sinon, à passer des heures dans le tourbillon de ces réseaux, vous risquez la détresse virtuelle et vous devrez vous étendre sur le divan du psychanalyste pour retrouver vos esprits. Mais peut-être y a-t-il un service en ligne pour cela. Laissez-moi demander à mes connaissances sur Twitter et Facebook à cet égard, quelqu’un a sûrement vu quelque chose…
Patrice-Guy Martin - 2 septembre 2008 - 1 commentaire »| del.icio.us | Digg IT | Diigo | Google | StumbleIT | Yahoo! | Technorati |
Un commentaire »
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J’aime beaucoup votre appelation « Ecosysteme web 2.0″, c’est complètement ça le web participatif. Qui fait quoi et qu’est ce qui profite à qui ?…
Les mots de passe informatiques sont la pierre angulaire de l’informatique et de sa sécurité et il peut être fastidieux de tout gérer facilement !
Une fois éclusés les mots de passe type prénom de la femme, du fils et celui du chien ou la marque de la voiture, ou tout bonnement n’importe quel mot présent dans le dictionnaire… eh si… il convient effectivement d’adopter des combinaisons plus sécurisées (lettres, chiffres, casse variée…)
(et PAS collés sur un post-it sous le clavier et j’en passe et des meilleures…. effectivement ça sent le vécu…)
Enjoy !
Commentaire par Informatique — 1 octobre 2008 @ 4:51