Loto-Québec, le poker en ligne et la chasse aux sorcières

Loto-Québec a décidé récemment de faire le grand saut dans le jeu en ligne avec un site Web qui sera prêt dès cet automne et permettra de jouer au poker et d’effectuer des paris sportifs. Cela qui a soulevé de vives inquiétudes tant du côté syndical que de divers organismes sociaux, qui y voient là un danger de faire grimper le nombre de joueurs pathologiques dans la province.

Au-delà des intérêts syndicaux qui veulent avant tout protéger les emplois dans les casinos de la province, il serait bon d’expliquer en quoi le jeu en ligne mis de l’avant par Loto-Québec fera plus de joueurs pathologiques que l’offre actuelle, déjà composée de plus de 2000 sites Internet.

Il n’est pas question ici de dénigrer le problème du jeu pathologique, qui touche environ 5,5% de tous les joueurs, selon l’Indice canadien du jeu excessif. Cette donnée commence toutefois à se faire vieille, puisque l’indice n’a pas été révisé depuis 2001.

Au Québec, une autre étude du centre de l’Institut national de la santé publique et baptisée Comportements de jeu et jeu pathologique selon le type de jeu au Québec en 2002 évalue qu’un peu plus de 2% de tous les joueurs sont à risque d’y développer une dépendance.

Les joueurs pathologiques peuvent tout perdre et même ruiner leurs proches ou hypothéquer l’avenir de leurs enfants. Mais là n’est pas la question.

Loto-Québec est loin d’être la seule dans le bateau et certaines entreprises bien présentes dans le jeu en ligne, comme Goldenpalace.com, vont déjà beaucoup plus loin en permettant à leurs membres de jouer au poker en tout temps sur plus de 400 modèles de téléphones portables.

D’autres provinces canadiennes et d’autres pays ont déjà autorisé le jeu en ligne. Pourquoi pas Loto-Québec? De plus, les adeptes du poker en ligne ont depuis longtemps leurs petites habitudes et il est loin d’être acquis qu’ils migreront tous instantanément sur le site Internet de la société d’État simplement parce qu’il existe.

Les Québécois perdent de plus en plus

Les dirigeants de la société d’État évaluent que les revenus annuels provenant du jeu en ligne au Québec sont évalués de façon conservatrice à 80 millions de dollars. Traduction libre: les Québécois devraient globalement perdre 80 millions de dollars en s’adonnant au poker ou à d’autres jeux de hasard en ligne cette année. Ce n’est pas une mince somme.

À travers le Canada, on parle d’une «industrie» qui franchira le milliard de dollars en 2011 et qui a connu une croissance annuelle moyenne de 30% entre 2003 et 2008, passant de 184 à 675 millions de dollars.

Dès 2012, le gouvernement du Québec estime d’ailleurs qu’il touchera un dividende de 50 millions de dollars versé par Loto-Québec en lien avec les activités en ligne de la société d’État.

Est-il préférable de laisser tous ces capitaux filer à l’étranger ou dans les coffres d’entreprises peu scrupuleuses?

 À choisir, l’offre de Loto-Québec, même si elle ne constitue qu’une goutte d’eau dans l’océan et n’est pas parfaite, semble déjà une meilleure option.

dlalonde - 5 février 2010 - 1 commentaire »
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Quand la politique pénalise l’industrie des TIC

Par Denis Lalonde

Le premier ministre Stephen Harper et sa bande ont choisi de proroger le début des travaux de la prochaine session parlementaire à la Chambre des communes au 3 mars avec un discours du trône qui sera immédiatement suivi d’un budget. Si le geste n’a rien d’illégal, il représente tout de même une déception pour l’industrie des technologies de l’information et de la communication (TIC).

C’est qu’avec la prorogation du parlement, de nombreux projets de loi sont simplement morts au feuilleton avant d’avoir reçu la sanction royale. C’est notamment le cas du projet de loi sur la protection du commerce électronique (C-27), qui avait franchi l’étape de la troisième lecture en décembre dernier.

La troisième lecture est l’étape ultime avant la sanction royale, qui permet au projet de loi de devenir une loi en vigueur. Pour connaître toutes les étapes du cheminement d’un projet de loi de sa création jusqu’à son adoption, voici un lien fort utile du site Web du Gouvernement du Canada

C’est donc dire que les rois du pourriel pourront continuer de sévir sans être trop inquiétés pour encore plusieurs mois à travers le Canada, gonflant inutilement les boîtes de courriel de nombre d’employés, contribuant ainsi à ralentir leur productivité. Fin 2004, les pourriels représentaient en effet 80% du courriel global au Canada, révèle le texte du projet de loi C-27, présenté aux Communes pour la première fois en avril 2009. 

De plus, la perception négative associée aux pourriels constitue sans aucun doute une nuisance de premier ordre pour toutes les entreprises qui souhaitent prendre le virage du commerce électronique. La quantité industrielle de pourriels dans les boîtes de courriels a pour effet d’augmenter la méfiance des consommateurs envers le commerce électronique en ligne légitime.

Pour reprendre vie, les projets de loi morts au feuilleton devront être représentés devant la Chambre des communes lors de la prochaine session parlementaire. Il est toutefois possible que les projets de loi plus avancés n’aient pas à recommencer à zéro. Ce sera aux parlementaires de décider…

D’autres projets de loi touchant l’industrie des TIC ont subi le même sort. C’est notamment le cas du projet de loi C-47, régissant les installations de télécommunications aux fins de soutien aux enquêtes, du projet de loi S-242 modifiant la Loi canadienne sur les paiements (systèmes de paiements par carte de débit) et du projet de loi C-398, modifiant la Loi sur les télécommunications (neutralité d’Internet).

En période de sortie de crise économique, l’industrie des TIC aurait pu profiter d’un petit coup de pouce du gouvernement fédéral qui aurait servi à redorer l’image du commerce électronique.

À présent, reste à voir si les pourriels seront l’une des priorités des parlementaires au début des travaux en mars à Ottawa. Des dossiers de première importance seront alors au menu avec le budget, la situation en Haïti et les sempiternelles querelles entourant la politique environnementale du gouvernement minoritaire de Stephen Harper. Dans ce contexte, il est permis de douter que le projet de loi C-27 sera ramené à la vie dans un avenir rapproché.

dlalonde - 22 janvier 2010 - Pas de commentaire »
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Rumeur, vérité et information : une leçon du Web 2.0

Il y a quelques jours, une jeune artiste est décédée des suites d’une maladie. Son départ hâtif a attristé ses parents, ses amis et ses admirateurs.

Toutefois, la façon par laquelle cette nouvelle a été transmise dans Internet, tout comme les réactions d’une partie impliquée, ont de quoi laisser songeur. Dans un réseau de microbloguage populaire, des internautes ont évoqué le possible décès de l’artiste, en faisant état de la tristesse qui affectait des proches de la personne. Rapidement, ces messages ont été réacheminés par d’autres personnes dans leurs propres cercles sociaux. La nouvelle, à l’origine, aurait été évoquée sur un réseau social très populaire, avant d’être reprise dans des blogues sur la Toile.

Or, la maison de disques qui représentait l’artiste, dans son compte de microbloguage, a diffusé un message qui implorait les internautes de cesser cette rumeur, en affirmant que l’artiste « se portait bien »… Mais quelques jours plus tard, le décès de l’artiste était confirmé. Peu après, le « micromessage » demandant de cesser la rumeur était retiré du microblogue de la maison de disques.

Quelques jours plus tard, dans une entrevue accordée à un quotidien, un porte-parole de la maison de disques a fourni des raisons expliquant la réaction de son entreprise sur la Toile. Une difficulté d’obtention de l’information ainsi que des demandes de négation et de non-réaction en provenance de la famille de la défunte auraient influencé la réaction de l’éditeur dans ses communications sur Internet.

Toutefois, la dernière citation rapportée dans l’entrevue illustre bien la difficulté à laquelle sont confrontées plusieurs organisations : la maison de disques « ne savait pas trop comment s’y prendre » face au phénomène relativement nouveau que constitue le réseautage social.

À tous azimuts

Il y a vingt ans, un événement triste ou joyeux était rapporté par un journaliste, dans un média, au moment et dans une forme qui étaient imposés par des conventions ou des contraintes. Le cheminement de l’information était linéaire. L’information diffusée une première fois pouvait être reprise par d’autres médias, encore une fois de façon linéaire.

Aujourd’hui, dans Internet, un événement peut être rapporté par un citoyen ordinaire, dans un réseau social, au moment et dans la forme qui sont désirés par cette personne. La reprise de l’information est aussi rapide qu’incontrôlable. Son cheminement va dans toutes les directions et dans tous les sens.

Certes, des rumeurs fausses circulent sur Internet. Plusieurs personnes qui sont visées par ces rumeurs décident de ne rien faire, pour ne pas jeter de l’huile sur le feu. Mais si la rumeur est fondée, un mutisme peut être plus dommageable que la nouvelle même. Une mauvaise réaction sur la Toile est plus dommageable, mais ce dommage est moindre qu’une tentative d’effacement des traces d’une erreur.

En fin de compte, il est probable que les services de surveillance des sujets, des conversations et des « buzz » dans Internet connaîtront un essor au cours des prochaines années. Les organisations et les individus voudront être mis au courant très rapidement de ce qu’on dit à leur égard. Toutefois, la réaction des internautes face aux rumeurs, qu’elles soient vraies ou fausses, n’est pas prête de s’estomper. Il est difficile de définir avec certitude la bonne façon de réagir dans une telle situation.

Jean-Francois - 13 janvier 2010 - 1 commentaire »
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Nos meilleurs voeux

Nous profitons de l’occasion pour vous souhaiter une bonne année 2010 !

Noel_2009

Jean-Francois - 17 décembre 2009 - Pas de commentaire »
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Commerce sur Internet : les prédictions originales se sont-elles matérialisées?

par Jean-François Ferland

À l’approche des Fêtes, bon nombre d’internautes feront leurs emplettes sur la Toile. Année après année, le commerce en ligne gagne en popularité auprès des consommateurs québécois. Également, le nombre de commerçants qui voient des opportunités mercantiles potentielles sur le Web est en progression.

Toutefois, nous sommes loin de ce qui avait été prédit, il y a dix ou douze ans, par les « experts » et les « futuristes » qui prônaient l’implantation rapide de vitrines virtuelles sur Internet par les fabricants, les détaillants et les prestataires de services. Il n’y a pas 100 % de commerçants sur la Toile. Visiblement, les arguments formulés à l’époque ne se sont pas tous matérialisés…

Une entreprise réalisera des ventes à travers le monde!

Oui, des entreprises réalisent des ventes en ligne un peu partout sur la planète. Mais quelle est la proportion des exploitants d’une vitrine sur le Web qui vendent des produits ou des services hors des frontières territoriales? Ce n’est pas parce qu’un site existe que les gens le trouveront à tout coup – les moteurs de recherche ne sont pas parfaits. Il faut faire connaître la boutique virtuelle par la publicité, le référencement, l’optimisation du site, etc.

N’oublions pas qu’ailleurs sur Terre, des milliers d’organisations estiment elles aussi que leur marché est planétaire. Également, des commerçants électroniques d’envergure mondiale ouvrent des boutiques dans plusieurs pays et obtiennent des commandes, au détriment des cybermarchands locaux.

On pourra commander une pizza d’un restaurant du coin ou des fruits de mer de l’autre bout du continent!

Des entreprises obtiennent des commandes de clients locaux ou étrangers pour des produits aux caractéristiques particulières, mais souvent il s’agit de cas d’exception. L’affichage en ligne d’un menu, pour les commandes téléphoniques ou les visites en magasin, est souvent plus rentable qu’une interface de commande et une passerelle de traitement des paiements.

Par ailleurs, des consommateurs qui tentent de passer des commandes en ligne sont parfois confrontés à des messages d’erreur ou à l’absence du traitement de leur requête, signe que l’achalandage virtuel n’est pas au rendez-vous.

On pourra commander n’importe quoi de n’importe où!

Les frais de transport et manutention, qui varient selon le poids ou les dimensions de l’objet ou bien selon la distance à parcourir, tout comme les frais de douane, constituent des freins à l’acquisition de certains produits pour des clients situés loin du commerçant.

Les consommateurs passeront des commandes auprès du dépanneur du coin!

En théorie, le commerce en ligne peut s’appliquer à n’importe quoi. En pratique, il est souvent plus efficace d’aller chercher sa pinte de lait à pied que de la commander en ligne…

Définition commerciale

Ces propos ne sont pas un constat d’échec  : plusieurs organisations ont établi des magasins virtuels sur Internet et font des affaires florissantes. Des entrepreneurs à domicile connaissent plus de succès que de grandes entreprises! Mais d’autres ont connu une expérience moins fructueuse avec leur boutique numérique. Le commerce électronique « de bout en bout » n’est pas nécessairement la meilleure solution pour tous.

Toutefois, l’utilisation judicieuse de certains avantages procurés par la Toile peut compléter les efforts commerciaux dans les magasins en brique et mortier. La publication d’un catalogue, l’indication de la disponibilité des produits, la publication d’une foire aux questions et le traitement quotidien des demandes d’information par courriel sont des composantes importants du concept général de commerce électronique.

D’ailleurs, il est peut-être temps de revoir la définition donnée au « commerce en ligne » afin de bien saisir les impacts réels de ces composantes sur les affaires électronique des entreprises. Ils sont moins flamboyants que « la cyberboutique totale », mais, qui sait, ils sont peut-être plus efficaces en fin de compte.

Jean-Francois - 11 décembre 2009 - Pas de commentaire »
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Téléphonie mobile : prétentions, allégations et réputations…

par Jean-François Ferland

Depuis quelques jours, trois importants fournisseurs de services de télécommunications au Canada intentent des procédures juridiques où l’un exige de l’autre qu’il cesse de faire certaines affirmations dans des publicités qui ont trait aux services de téléphonie mobile. Précisément, cet envenimement est lié à l’exploitation des réseaux mobiles de troisième génération.

En résumé, l’entreprise X reproche à l’entreprise Y d’affirmer qu’elle a « le réseau le plus fiable », alors que l’entreprise Y reproche à l’entreprise Z d’alléguer qu’elle a « le meilleur réseau ». En clair, une entreprise estime que l’affirmation de supériorité de l’autre a un impact négatif sur la perception qu’a la clientèle de la qualité de sa propre offre. Si Y dit qu’il est le meilleur, cela sous-entend que X n’est pas le meilleur…

Ironiquement, cette situation est très semblable à celle qui prévaut depuis quelques semaines aux États-Unis, où deux importants fournisseurs de téléphonie mobile se livrent une guerre à coups de messages télévisés et de subpoenas, à propos de déclarations relatives à la couverture territoriale pour un nouveau protocole et la disponibilité d’un signal à une puissance convenable.

Au pays de l’Oncle Sam, les protagonistes nomment expressément leurs concurrents dans des publicités, en affirmant que X est moins bon, que Y n’est pas fiable, etc. Pourtant, au Canada, aucune entreprise impliquée dans la rixe commerciale n’a dénigré directement un concurrent dans ses publicités…

Certes, l’intention de chaque belligérant est de ne pas être perçu par les consommateurs comme étant moins avantageux que l’autre au plan technologique, alors que tous les grands joueurs ont dorénavant des infrastructures de nouvelle génération.

Or, la meilleure des infrastructures d’un fournisseur doit prouver sa qualité non pas au concurrent, mais à l’utilisateur actuel. La qualité, avant d’être fondée sur la bande passante théorique disponible, repose surtout sur la clarté de la voix lors d’un appel et sur la transmission à bon port des messages et des fichiers.

L’utilisateur d’un service, s’il est satisfait, recommande son fournisseur à ses amis et à ses collègues. Mais s’il est insatisfait, il en fait part à ses connaissances, mais aussi à des inconnus par le biais d’un moyen de communication très efficace : Internet. Des consommateurs mettent en doute les affirmations et les contre-affirmations de leur fournisseur, sans gêne aucune, dans des forums de discussion, des blogues et des espaces dédiés aux commentaires d’articles en ligne. Est-ce que le fournisseur blâmé en viendra éventuellement à entamer des poursuites envers ces clients insatisfaits, pour atteinte à la réputation?

Il est à espérer que les fournisseurs de services mobiles mettent autant d’énergie à améliorer et maintenir la qualité de leurs services mobiles qu’ils en mettent à exiger des concurrents qu’ils cessent certaines pratiques commerciales. Sinon, ces fournisseurs risquent d’être confrontés à une fin de non-recevoir des clients actuels ou potentiels des services mobiles, qui attendront que la poussière retombe avant de recourir aux services de nouvelle génération.

par Jean-François Ferland

Jean-Francois - 3 décembre 2009 - 1 commentaire »
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La Loi S-4 : un pas dans la bonne direction

jviauweb.jpgNotes de campagne
par Jacques Viau, blogueur invité

NDLR: Voici un billet de M. Jacques Viau, le directeur de l’Institut de sécurité de l’information du Québec (ISIQ), dans le cadre de l’édition 2009 de la campagne de sensibilisation « Je protège mon identité sur Internet » de l’ISIQ.

Le 27 octobre dernier, le projet de Loi S-4 : Loi modifiant le Code criminel (vol d’identité et inconduites connexes) a reçu la sanction royale. Bien que le Code criminel adresse déjà certaines infractions liées à l’utilisation frauduleuse des renseignements personnels, il ne couvrait toutefois pas la collecte, la possession et le trafic de tels renseignements. C’est à cette lacune que pallie le projet de Loi S-4 en créant trois nouvelles infractions au Code criminel :

-  L’obtention et la possession de renseignements relatifs à l’identité dans l’intention de les utiliser de façon trompeuse, malhonnête ou frauduleuse dans la perpétration d’un crime;

-  Le trafic de renseignements relatifs à l’identité, infraction ciblant ceux qui cèdent ou vendent des renseignements à un tiers en sachant que les renseignements pourraient être utilisés à des fins criminelles ou en ne s’en souciant pas;

-  La possession ou le trafic illégal de documents d’identité émis par le gouvernement qui renferment les renseignements d’une autre personne.

Chacune de ces infractions est passible d’une peine d’emprisonnement maximale de cinq ans. De plus, les tribunaux auront désormais le pouvoir d’ordonner aux coupables de dédommager leurs victimes pour les coûts associés aux efforts nécessaires à rétablir leur identité.

Il est certain que cette loi est un pas dans la bonne direction pour contrer le phénomène du vol d’identité. Toutefois, est-ce suffisant? Comme indiqué dans le résumé législatif du projet de Loi S-4, « de nos jours, les auteurs de vol d’identité peuvent s’exécuter loin de leurs victimes, accéder à des bases de données qui renferment une foule de renseignements personnels et transmettre les données volées rapidement et facilement à l’autre bout de la planète ».

Par exemple, dans le cas des renseignements collectés par hameçonnage, où le courriel initial provient d’Europe et que le site vers lequel il pointe est hébergé en Asie, il est fort possible que plusieurs des individus derrière la fraude se trouvent en dehors de la juridiction canadienne. Ainsi, comme pour beaucoup d’autres crimes commis par l’entremise d’Internet, les malfaiteurs continueront de se réfugier dans les pays où les lois sont plus clémentes, d’ici à ce qu’il y ait une plus grande uniformité au niveau de ces lois.

http://www2.parl.gc.ca/Content%5CLOP%5CLegislativeSummaries%5C40/2/s4-f.pdf

Jacques Viau - 25 novembre 2009 - Pas de commentaire »
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Le paiement direct a 25 ans : les atouts et les enjeux d’une bande magnétique

par Jean-François Ferland

Le réseau de paiement Interac, qui permet aux consommateurs d’utiliser leurs cartes de débit dans le cadre de transactions chez les marchands, a fêté récemment son 25e anniversaire.

Depuis 1984, les détenteurs de comptes bancaires peuvent insérer leur carte de débit à bande magnétique dans n’importe quel guichet automatique – une composante technologique qui a elle-même fêté son 40e anniversaire d’existence au Canada en octobre dernier – et depuis 1990 à tout terminal de point de vente, peu importe l’institution financière qui dessert le client ou le marchand.

Certes, les processus transactionnels pour le commerce de détail ont été bouleversés par le paiement direct. Pour le consommateur, cela signifiait qu’il n’avait plus à se déplacer vers un guichet automatique pour retirer les fonds nécessaires à l’achat d’un produit – déjà que le guichet automatique évitait une visite de la caissière dans son institution financière. Également, le consommateur qui n’avait pas la monnaie suffisante pour effectuer une transaction, ou qui devait débourser un gros montant qu’il était risqué de trimballer sur soi, pouvait accéder instantanément à ses fonds bancaires.

Pour les marchands, le paiement direct s’est traduit par une hausse des ventes immédiates, voire une augmentation des achats compulsifs. Un autre avantage important réside dans la réduction de l’argent en papier ou en monnaie à compter, à manipuler et à déposer à son institution bancaire.

Aujourd’hui, le paiement direct peut être utilisé même sur Internet, pour effectuer des transactions par débit auprès de marchands virtuels. Les émetteurs de carte de crédit s’apprêtent à entrer dans la ronde, avec leurs cartes maison. D’ailleurs, l’équipement instauré pour la lecture des cartes de débit sert aussi à la lecture des cartes de crédit.

Enfin, les terminaux mobiles sont en vogue, que ce soit au restaurant, à la plage ou à tout endroit où l’on désire offrir au consommateur le paiement direct sans qu’il ait à se déplacer – alors que le consommateur risque de réfléchir lors de son déplacement, de se raviser et de ne pas faire la transaction!

Somme toute, les Canadiens figurent parmi les champions de l’utilisation du paiement direct par carte de débit, avec plusieurs années d’avance sur les voisins américains.

Enjeux démagnétisants

Toutefois, le recours au paiement direct implique des enjeux dont l’importance est non négligeable. Depuis quelques années, les cas de clonage de carte et de trucage d’équipement ont monté en flèche. Nombreux sont les consommateurs qui ont soit constaté la disparition de fonds, soit la désactivation de leur carte de façon préventive, à la suite d’une fraude.
Les consommateurs qui ont dû obtenir une nouvelle carte à une ou plusieurs reprises ont exprimé une méfiance envers le mode de paiement, tout comme envers les marchands qu’ils soupçonnent d’être de connivence avec des gredins.

Les marchands, eux, sont confrontés à des situations où des criminels remplacent des équipements à leur insu dans le but de réaliser des fraudes. Ce n’est pas pour rien que les claviers des terminaux de paiement direct sont de plus en plus nombreux à être vissés ou enchaînés au comptoir, au grand déplaisir des grandes personnes. Dans d’autres cas, ce sont des employés en lesquels ils avaient confiance qui agissent à titre de complices de malfaiteurs. Ici encore, la méfiance peut faire des ravages…

L’industrie du traitement des paiements est consciente des enjeux qui ont trait aux fraudes. Ainsi, les émetteurs de cartes, dont les institutions bancaires et les fournisseurs de crédit, ont amorcé une transition des cartes à bande magnétique vers les cartes à puce. Or, il faudra encore plusieurs années avant que tous les terminaux et toutes les caisses sont adaptées à la nouvelle technologie. Qui plus est, même si on dit qu’elle est plus fiable, la technologie à puce n’est pas à l’abri des altérations qui pourraient entraîner des fraudes. Il ne faut jamais dire jamais…

Un autre enjeu important réside dans les frais d’utilisation du système de paiement direct, autant pour les marchands que pour les consommateurs. Toutefois, les alternatives d’obtention des fonds bancaires pour les consommateurs, soit le guichet automatique, la transaction au comptoir, impliquent aussi des frais. C’est un mal nécessaire…

Il sera intéressant de voir quel sort sera réservé au paiement direct au cours des prochaines années. Deviendra-t-il un mode de paiement courant sur la Toile? Aura-t-il recours aux transactions sans contact, comme les bidules pour les cartes de crédit dans les stations d’essence? Sera-t-il intégré aux téléphones mobiles? Le NIP sera-t-il remplacé par l’empreinte digitale?

Peu importe ce qui arrivera, il est certain que les technologies de l’information auront un grand rôle à jouer.

Jean-Francois - 24 novembre 2009 - Pas de commentaire »
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Les renseignements personnels : c’est mon identité!

jviauweb.jpgNotes de campagne
par Jacques Viau, blogueur invité

NDLR: C’est avec plaisir que nous accueillons à nouveau M. Jacques Viau, qui est le directeur de l’Institut de sécurité de l’information du Québec (ISIQ), à titre de collaborateur à notre blogue. Voici un premier billet qu’il a produit dans le cadre de l’édition 2009 de la campagne de sensibilisation « Je protège mon identité sur Internet » de l’ISIQ.

En juillet dernier, le Commissariat à la protection de la vie privée du Canada diffusait publiquement son rapport* sur les conclusions de l’enquête menée contre Facebook. En tout, 24 allégations pesaient contre elle. Une de celles-ci en particulier soutenait que Facebook contrevenait à la Loi des renseignements personnels et des documents électroniques :

1) en exigeant des utilisateurs qu’ils fournissent, sans raison valable, leur date de naissance comme condition d’inscription;
2) en évitant d’expliquer clairement aux utilisateurs la raison pour laquelle ils devaient fournir leur date de naissance et la façon dont celle-ci serait utilisée par Facebook.

Quel que soit l’issu de ce bras de fer ou les raisons évoquées par Facebook pour justifier sa façon de faire, ce genre « d’obligations » devraient tous nous laisser perplexes! La date de naissance, comme le NAS (Numéro d’assurance sociale) d’ailleurs, fait partie des éléments les plus recherchés par les usurpateurs d’identité. Pourtant, bien peu de gens, que ce soit par manque de connaissances ou par insouciance, ne se préoccupent pas vraiment des conséquences que cela pourraient leur causer.

Je tiens à rappeler ici, que de manière tout à fait légale, ces renseignements sont souvent utilisés à des fins d’identification et d’authentification auprès des gouvernements et des institutions financières notamment. À titre d’exemple, sachons que les guichets automatiques de certaines d’entre elles exigent une confirmation par la date de naissance pour effectuer un retrait de sommes d’argent supérieures à la moyenne. Malgré cela, nous continuons à dévoiler publiquement tous les traits distinctifs qui forgent notre identité!

Beaucoup de gens voient l’État comme l’unique protecteur de leurs droits et oublient qu’ils ont la responsabilité de se protéger eux-mêmes! Pourquoi devrait-on aveuglément fournir nos renseignements personnels au premier venu? Faire preuve de gros bon sens est, à mon sens, la meilleure protection que l’on puisse s’offrir et, qui plus est, elle est gratuite.

* Rapport de conclusions de l’enquête menée à la suite de la plainte déposée par la Clinique d’intérêt public et de politique d’internet du Canada (CIPPIC), le 30 mai 2008, contre Facebook Inc. aux termes de la Loi des renseignements personnels et des documents électroniques, 16 juillet 2009.

Jacques Viau - 11 novembre 2009 - Pas de commentaire »
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Délais de transmission de résultats…

Plusieurs d’entre nous se rappellent l’élection municipale de 2005 et le tollé des délais dans la publication des résultats électoraux. PG Mensys y avait presque laissé sa peau.

Nous avions suivi la situation de près:

À qui la faute ?
Patrice-Guy Martin -11/11/2005
La responsabilité de la firme PG Elections face aux ratés informatiques lors de la journée des élections municipales du 6 novembre dernier est évidente. Mais il ne faut pas oublier que lorsqu’un client confie un mandat à un fournisseur externe, il ne se dégage pas de toute responsabilité. Ne faut-il tirer que sur l’informaticien ?

Histoire d’une catastrophe informatique
Alain Beaulieu -11/11/2005
Au-delà de la compétence de la firme impliquée, PG Elections, les ratés informatiques des dernières élections municipales au Québec ont fourni la preuve que la loi de Murphy existe.

Les ratés des élections municipales
Alain Beaulieu -23/12/2005
On peut remettre en question la compétence et le degré de préparation de PG Elections , aux dernières élections municipales, mais celle-ci préfère parler d’un malheureux concours de circonstances.

En 2009, est-ce vraiment mieux?

Un problème de transmission retarde la divulgation des résultats
Catherine Handfield
La Presse – publié le 03 novembre 2009 à 07h03
Un problème technique a retardé le dépouillement des votes, dimanche
soir, aux élections municipales de Montréal. Conséquence: les résultats
définitifs n’avaient toujours pas été annoncés, hier soir, au grand dam
des partis politiques.

Dans mon quartier, hier après-midi, les résultats se faisaient encore attendre. Le «système était surchargé», apparemment. Par chance, le taux de participation n’a été que de 35%, sinon, nous serions encore en train d’espérer les résultats…

Patrice-Guy Martin - 3 novembre 2009 - Pas de commentaire »
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